Voyage et Terrorisme, peut-on encore voyager sereinement ?

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Terrorisme, insécurité, guerres, coups d’état, révoltes populaires, révolutions… Difficile de voyager de nos jours et de faire la part des choses : est-ce vraiment dangereux ? est-ce que je peux quand même y aller ? En quoi la situation des pays affectent nos manières de voyager ? Prenons quelques minutes pour faire le point…

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Sécurité en voyageEn discutant avec des collègues sur nos destinations de vacances respectives, une personne m’a dit que « avec tout ce qui se passe, on n’a pas trop envie de voyager ». Je comprends cet argument, sauf que pour moi, c’est l’effet inverse. La situation sécuritaire de nombreux pays et zones géographiques se dégradant comme fond la neige au soleil, mon envie de voyager s’est faite encore plus pressante, encore plus forte.

Pourquoi ? Peut-être justement car cette situation de plus en plus complexe n’augure rien de bon pour l’avenir des voyageurs (et des touristes), mais ces pays, j’ai envie de les découvrir et d’y voyager avant qu’il ne soit trop tard. Des pays jusque-là relativement stables peuvent basculer dans l’insécurité et l’instabilité et rendre plus difficiles les déplacements, notamment pour les voyageurs indépendants qui aiment voyager sans encadrement, au gré de leurs envies.

mon envie de voyager s’est faite encore plus pressante, encore plus forte

Voyager malgré le terrorismeJe ne me suis jamais senti en insécurité en voyage même si je me trouvais dans des pays qui sont, d’après le ministère des affaires étrangères, à éviter sauf raison impérative. Je parle notamment du Liban et du sud-est de la Turquie, deux pays que j’ai visité début 2016. Il y a de ça encore quelques mois, les zones géographiques présentant des risques étaient plus restreintes : certains pays d’Afrique, le Yémen, la Syrie et l’Afghanistan, la Tunisie et l’Irak.

Désormais, avec le terrorisme, ces zones se sont étendues et touchent désormais de nombreux pays qui, jusque-là, étaient présentés comme sûrs. La France, la Belgique et l’Allemagne font désormais partie des pays « à risque ». Les Etats-Unis sont toujours en alerte, le Bangladesh a été victime d’attaques terroristes visant les endroits fréquentés par les touristes, la Thaïlande a essuyé son lot d’explosions dernièrement, sans oublier le continent africain. Mais faut-il pour autant craindre partout et tout le temps ?

Peut-être. Mais il n’est pas question d’arrêter de voyager ou de ne voyager que dans des endroits « sûrs » car force est de constater que ces attaques peuvent survenir n’importe où, sous n’importe quelle forme. Vivant actuellement en région parisienne, travaillant sur Paris et utilisant quotidiennement les transports en commun, je me dis que le risque est tout aussi présent, alors pourquoi se priver ? Si le risque existe alors que je ne voyage pas, pourquoi me priver d’un voyage ?

je refuse de me priver de vivre, de profiter, de voyager, de savourer, de découvrir et de m’émerveiller.

BelgiqueAprès, je le concède, si je décide de voyager dans la campagne irlandaise, au Groenland ou en roadtrip à travers l’Islande, le risque est quasiment inexistant par rapport à des villes comme Paris, Rome, New York, Berlin ou Londres.

Alors oui, j’y pense. Quand je vais au travail le matin en métro, j’y pense. Quand je me rends à l’aéroport et attends mon avion, j’y pense. Quand je visite une grande ville, j’y pense. Mais ça ne m’empêche pas de le faire. Tout simplement car je refuse de me priver de vivre, de profiter, de voyager, de savourer, de découvrir, de m’émerveiller.

Et d’ailleurs, j’ai une vision de la vie à la fois optimiste et fataliste. Je me dis, peut-être à tort, qu’il ne se passera rien au moment où je m’y trouve et surtout, je me dis que si ça doit arriver, ça arrivera.

Alors, je sors de l’aéroport, marche dans les ruelles, entre dans les petites boutiques d’artisanat, m’assieds au café du coin pour y boire un petit thé et déguster une spécialité locale, je marche jusqu’à cette mosquée ou cette église, jusqu’à cette citadelle ou ce musée, je souris aux passants. Et soudain, avec l’euphorie, j’oublie tout le reste, j’oublie la peur, j’en profite, j’en prends plein les yeux et je me dis, quelle chance j’ai de pouvoir voyager !

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Et vous, vous en pensez quoi ?

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8 COMMENTAIRES

  1. très bel article
    beaucoup de ce que je pense également
    habitant en région parisienne, il nous faut aller travailler , utiliser les transports en communs aussi le week-end ou en soirée
    si c est pas mon heure… comme on dit…. comme tu le dis si bien en France nous ne sommes pas mieux lotis que dans d autres pays
    au contraire ce sont les américains qui déconseillent ou en tout cas disent à leurs ressortissants de faire trs attention en voyageant en europe

  2. Super article, plein d’optimisme et de réalité. Quand tu l’as partagé sur facebook, je me suis immédiatement dit que cet article d’actualité valait le coup d’être lu ; je suis contente d’avoir trouvé le temps de le faire !
    Nous sommes également deux fatalistes : « si ça doit arriver, ça arrivera », il y a certaines choses qu’on ne peut éviter. Alors oui, être prudent c’est bien, mais il ne faut pas tomber dans la paranoïa. Et puis, comme tu l’as si bien dit, nous ne sommes pas plus en sécurité dans notre quotidien qu’ailleurs, alors pourquoi se priver ? 🙂
    (Après, nous ne voyageons pratiquement jamais dans des grandes villes,donc on minimalise les risques, et il est vrai qu’on ne part jamais avec l’appréhension d’une attaque terroriste. Mais je comprends la peur et l’angoisse de certains.)

    • Merci Marion, tes mots me font plaisir. Je pense que c’est la bonne attitude à adopter, être prudent et raisonnable sans être parano. Et surtout, se faire plaisir 🙂

  3. Bel article, chacun voyage avec sa sensibilité et ses peurs sans doute. C’est bien vrai que je pense souvent aux risques dans mon quotidien, moi qui prends le train tous les jours, et que j’ai envie d’une destination « sûre » quand je voyage avec mes enfants, je me dis qu’il faut être prudent mais après, ce qui doit arriver arrivera. Comme diraient mes amis libanais, il faut profiter de la vie et de ses proches, on ne sait pas de quoi demain sera fait !

    • Merci Caro,
      J’aime beaucoup la philosophie de tes amis Libanais 🙂
      En voyageant avec des enfants, je comprends que tu souhaites une destination « sûre ». Si j’avais des enfants, je changerais ma manière de voyager et il y a peut-être certains pays que je ne visiterais pas…

  4. Un bel article. Je comprends ta logique, évidemment, mais je l’avoue : le terrorisme a changé ma façon de voyager, et de vivre. Y compris en France. Je me suis mise à fuir Paris. J’ai peur dans le train, car n’importe qui peut monter dedans avec n’importe quoi, je préfère l’avion, plus sécurisé. Je ne vais plus jamais là où il y a une foule. J’ai fait une exception pour les marchés de Noël en Allemagne, et après Berlin, j’ai amèrement regretté et me suis sentie conne. Je me suis mise à voyager autrement, beaucoup plus dans la nature, loin de tout, à rechercher l’isolement, à craindre les villes et les foules. Le terrorisme m’a traumatisée et changée. C’est triste, mais c’est comme ça… l’emprise qu’ils ont sur notre imaginaire est énorme. Mon frère était dans les rues de Paris le soir de l’attentat au Bataclan, j’ai eu horriblement peur pour lui, quelques jours après sa mission au Mali a été annulée, et l’hôtel dans lequel il devait séjourner à Bamako, le Radisson blu, a été la cible d’un attentat horrible. Coup sur coup, on a été super choqués, tous les deux. Et le soir du 14 juillet, j’étais sur la plage aux Saintes Maries, je me souviens avoir dit à ma mère « si quelqu’un nous voulait du mal, ça serait tellement facile ici », et puis j’ai vu Nice, à 300km de là… dans ma région, PACA, des gens qui faisaient exactement la même chose que moi ce soir là, regarder le feu d’artifice au bord de l’eau, et je savais que oui, « ça aurait pu être moi ». Je n’arrive pas à libérer mon imaginaire de ces impressions. Je suis devenue anxieuse, moi qui ne l’étais pas. Le terrorisme nous abîme profondément, je crois.

    • Je comprends tes arguments, je les ai moi-même ressentis au départ. Je ne dirais pas que ma vie ait changé car je continue de faire les mêmes choses qu’avant mais j’y pense, c’est ancré dans mon esprit. J’essaie de garder une forme d’optimisme et de croire en ma bonne étoile. Allez, pensons à de meilleurs lendemains et allons nous régaler à La Plume de Grignan 😀

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