Tripoli est une ville magique

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Il y a quelque chose dans cette ville de vraiment spécial, quelque chose de difficile à décrire. A ne pas confondre avec Tripoli la capitale de la Libye, Tripoli la deuxième ville du Liban est à l’opposé de Beyrouth ! C’est une ville qui se rapproche complètement des villes orientales et de l’imaginaire qu’on y associe. Oubliez votre guide et laissez-vous porter par votre instinct, c’est ainsi qu’elle est la plus surprenante !

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Tripoli, LibanQuand on quitte Beyrouth, plutôt moderne et occidentale, et qu’on débarque en plein après-midi un jour de weekend à Tripoli, ville ancienne et orientale, il y a de quoi être déboussolé ! Il faut bien admettre qu’on a besoin de quelques minutes pour remettre les pendules à l’heure et pour se dire que Tripoli est totalement différente de ce qu’on a vu jusqu’à maintenant. Et tant mieux ! Rien de tel qu’une perte de repères pour apprécier la visite de cette ville qui saura à coup sûr vous séduire !

Le bus m’a débarqué sur un giratoire, un rond-point envahi par les véhicules et les piétons. Il n’était pas plus de 10 heures et pourtant le soleil était déjà chaud. Cet instantané m’a rappelé Le Caire, sa foule et sa chaleur, quelques années auparavant. A plusieurs reprises, on m’avait vanté Tripoli et sa vieille ville, on m’avait dit que j’allais l’adoré si j’aimais les villes orientales. Maintenant que je m’y trouvais enfin, j’étais plus qu’impatient de la découvrir.

Rue de Tripoli

Rue de Tripoli

Je me suis lancé dans une rue, sans réellement savoir où j’allais. Mon projet était de rejoindre le souk, je me suis retrouvé en bas de la citadelle qui, soit dit en passant, n’est pas très loin du souk mais pas franchement proche non plus. C’est comme ça que je fonctionne, quand je débarque dans une ville, même si j’ai une carte, je fais d’abord un tour à l’aveugle, là, comme ça, au petit bonheur la chance. Ça donne une impression d’être sans point de repère, d’être perdu au milieu d’une ville inconnue, comme catapulté au milieu de nulle part. Ensuite je sors mon plan, là en l’occurrence une misérable carte froissée imprimée sur Google Maps…

Quand j’arrive à la citadelle, gardée par l’armée libanaise, quelques soldats me laissent passer. Vous serez surpris de voir que l’armée est aussi présente à Tripoli. D’ailleurs, sur la route entre Beyrouth et Tripoli, l’armée contrôle les véhicules entrant dans le Nord Liban. J’ai demandé pourquoi, on m’a répondu que ça a toujours été comme ça, l’armée a toujours été déployée dans Tripoli. Sur la place centrale, deux chars entourés de soldats trônent autour des habitants jouant au backgammon et fumant la chicha. Parfois, au détour d’une rue, vous vous trouverez nez à canon avec un énorme char bloquant le passage, sous l’œil ébahi ou impassible (c’est selon) de quelques soldats.

Citadelle de Tripoli

Vue depuis la citadelle

Outre les nombreuses mosquées et anciennes medressas (écoles coraniques), le souk, les maisons ottomanes, les khans qui sont autant de trésors dont regorgent la ville de Tripoli, la citadelle mérite bien une visite. De là-haut, c’est la plus belle vue panoramique sur la vieille ville d’un côté et la banlieue avec ses maisons colorées de l’autre. En plus, elle est vraiment bien conservée.

PARFOIS, AU DÉTOUR D’UNE RUE, VOUS TOMBEREZ NEZ À CANON AVEC UN ÉNORME CHAR BLOQUANT LE PASSAGE

La citadelle sert également de base pour quelques soldats de l’armée libanaise, un ou deux endroits ne sont d’ailleurs pas accessibles au public car les soldats y ont installé leur bivouac. En me voyant, ils m’ont gratifié d’un « hello, welcome » accompagné d’un sourire amical. Même les militaires sont (généralement) sympathiques avec les visiteurs étrangers.

Quand il se met à pleuvoir, je me mets à l’abri sous des arcades et en profite pour regarder, enfin, mon plan de la ville. J’essaie de mémoriser le chemin à parcourir pour rejoindre le souk et les vieilles mosquées. La pluie n’a pas l’air décidée à s’arrêter, le beau ciel bleu qui m’avait accueilli à Tripoli est désormais loin. Le climat change vite près de la mer… A peine quinze minutes plus tard, le soleil irradie de nouveau et plonge la ville dans la lumière.

Mosquée, Tripoli

Cour de la mosquée, Tripoli

Mosquées, medressas... à Tripoli

TRIPOLI NE LAISSE PAS INDIFFÉRENT

La mosquée Al Mansouri est une des plus vieilles mosquées de Tripoli et du Liban. Située juste à la sortie du souk, elle est un véritable puits de sérénité et de tranquillité quand on sort de l’effervescence des allées marchandes peuplées. Dans les ruelles autour, il y a de nombreuses medressas et caravansérails datant de la même époque. Tripoli est une ville superbe si vous aimez les vieilles villes orientales avec une ambiance particulière. Elle a su garder et protéger son patrimoine pour devenir, à sa manière, une ville musée, vivante et chaleureuse. En tout cas, une chose est sûre, Tripoli ne laisse pas indifférent.

Si vous traînez dans les allées du souk, vous trouverez facilement un petit endroit sympa où vous pourrez soit déguster un petit repas typique soit prendre un sandwich de falafels à emporter. Rien de tel que de se détendre sur son siège et se régaler en observant l’effervescence gagner le souk. J’ai choisi de prendre un thé et de commander un kunefe, gâteau oriental typique à base de fromage que j’ai eu l’occasion de manger en Jordanie et en Turquie. Il faut aimer le mélange sucré-salé. Les premières bouchées sont savoureuses, les dernières plutôt lourdes mais ça mérite d’être testé au moins une fois…

Tout comme à Beyrouth, il y a à Tripoli une quantité astronomique de restaurants et autres petits endroits où vous restaurer. De parole de Libanais, dans la quasi totalité des cas on vous servira de la cuisine de qualité, bonne, fraîche et savoureuse, et ce pour un prix très abordable.

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VENIR À TRIPOLI

Souk de Tripoli

Depuis Beyrouth, venir à Tripoli est très simple. De nombreux bus et vans relient les deux villes. Les transports se prennent à la gare routière Charles Helou, près de la Place des Martyrs, qui dessert les villes au nord de Beyrouth. La compagnie Tripoli Express rejoint Tripoli en deux heures. Via cette ligne, vous pouvez également, en chemin, demander à descendre à Byblos ou encore Batroun. Le trajet pour Tripoli avec cette compagnie vous coûtera 5000 LL.

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C’est ici que se termine ce voyage à Tripoli. Ce n’est bien sûr qu’un aperçu de tout ce que cette ville peut proposer. J’espère d’ailleurs pouvoir y retourner prochainement pour en découvrir de nouvelles facettes… En attendant, pourquoi ne pas poursuivre la promenade vers le port de pêche d’Al Mina, le port de Tripoli ? Allez-y, ça vaut le détour :p

Et sinon, partagez cet article 😉 Merci !

2 COMMENTAIRES

  1. Je continue ma visite du Liban sur ton blog ! je me régale avec toutes ces destinations moyen-orientales, tu connais si bien ce bout-là du monde, et tu me donnes envie de le découvrir plus avant. Je ne connaissais pas du tout Tripoli, je crois que c’est la première fois que je lis un article de blog dessus, et j’adore ce qui se dégage de tes photos, les mélanges architecturaux, l’ambiance, à la fois chaotique et poétique, ça a l’air hypnotisant. Je remplis mon tableau Pinterest « Moyen-Orient » d’épingles de chez toi 😉 (D’ailleurs, si tu es branché Pinterest, n’hésite pas à me faire signe, j’ai créé un tableau collectif France et il t’attend à bras ouverts !)

    • Oui, c’est une région que j’affectionne beaucoup et qui m’attire tel un aimant. Les peuples, leurs cultures, leurs architectures y sont fascinantes et me transportent dans un autre monde. Tu résumes très bien l’ambiance de Tripoli. Je suis ravi pour le tableau Pinterest du Moyen Orient ^^. J’ai vu que tu avais créé un tableau collectif sur la France et je suis intéressé, je t’enverrai un message pour en savoir plus 🙂

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