Tutoyer les Cèdres du Liban

3

Bievenue dans le Chouf ! Ce relief est probablement un des secrets les mieux gardés du pays. Là-haut, on se sent loin de l’agitation de Beyrouth, les cèdres du Liban côtoient les petits villages et les palais d’émirs. C’est parti pour la découverte d’une face presque cachée du Liban…

fioriture

Rendez-vous à Beiteddine

Je me revois en train d’attendre le bus, debout comme un con devant cette station service. Il y a du passage, ça oui, la route est animée mais pas de taxi, pas de bus. Au moins, je sais où je suis (pas comme cette fois en Palestine où le taxi collectif nous avait débarqué à un rond point au milieu de nulle part). Non, cette fois je sais, je me trouve dans une ville (ou un village ?) nommée Kfar Him donc pas de raison de s’inquiéter. Enfin si, j’avais pas du tout prévu d’être ici, en fait. Kfar Him, c’était la première fois que j’en entendais parler et je savais même pas où c’était sur une carte ni si j’allais pouvoir en partir. Mais ça, c’est la chute de l’histoire donc, revenons au début…

BEYROUTH, 8h05.

Rue de BeyrouthC’est reposé, confiant et souriant que sors de mon hôtel et me lance à l’assaut du trafic libanais. Je me poste, droit comme un « i », sur le bord de la route et tente tant bien que mal de trouver un servis : un taxi collectif. D’habitude, cette histoire est pliée en 2-4-6. J’ai généralement à peine le temps d’arriver sur le bord de la chaussée qu’on m’a déjà klaxonné. Mais aujourd’hui, vendredi 25 mars, personne ne se manifeste.

Je reste patient et je garde espoir et je finis par trouver un bon samaritain pour m’emmener à la gare routière Cola, au sud de Beyrouth. Arrivé à la gare, il me faut encore crapahuter à droite et à gauche, me faufiler entre la foule et les mobylettes, et lire les panneaux sur le pare-brise des bus pour trouver « Chouf« .
.

EN ROUTE POUR BEITEDDINE.

Beiteddine

BEITEDDINE, RIEN QUE SON NOM EST UNE INVITATION AU VOYAGE

Je trouve un petit bus, plutôt confortable quand on voit son état. Une grosse pancarte « Chouf » affiche fièrement sa destination. Je me faufile dans l’allée et trouve ma place entre un monsieur endormi contre la vitre et, de l’autre côté du passage, un jeune militaire. Le bus ne me dépose pas à Beiteddine mais à un croisement au milieu de nulle part (décidément, ça devient une habitude) mais aidé par les conseils du jeune militaire et de mon voisin de bus, je sais dans quelle direction il me faut marcher pour atteindre Beiteddine.
Rien que le nom de ce village est une invitation au voyage et m’a charmé dès que je l’ai découvert. Il n’est pas plus pieux qu’un autre mais son nom signifie « maison de la religion » en arabe. Ce petit village, perché au bord d’une vallée, est connu pour son superbe palais.

Le palais de Beiteddine a été mon gros coup de cœur de la journée. Il est vraiment magnifique. Un pur joyau d’architecture orientale. Construit au début du XIXème siècle dans l’ancienne capitale de l’émirat du Mont-Liban, il était la résidence de l’émir Bachir Chehab II. Honnêtement, je m’attendais à un beau palais mais là, je suis totalement sous le charme. Si la première cour, longue et vide, laisse imaginer un bâtiment plutôt austère et sans âme, les différentes salles ne peuvent que vous prouver le contraire.

En visitant les pièces, toutes différentes les unes des autres, je me prenais à rêver, rêver d’orient, rêver des princes et d’émirs, de thé et de baklavas…

Palais de Beiteddine

Palais de l'Emir, Beiteddine

Palais de Beiteddine

Beiteddine

Beiteddine

Palais de Beiteddine

beiteddine-9

Palais de Beiteddine

Jardin du Palais

Le palais compte plusieurs pièces : des chambres, de salles de réception (dont certaines sont encore utilisées par le gouvernement libanais quand ils accueillent des diplomates étrangers), il y a même un petit musée de mosaïques et de jolis jardins donnant sur la vallée. Vous pouvez même y découvrir une petite mosquée et un vieux hammam.

Hammam, Beiteddine

Hammam, Beiteddine

Hammam, Beiteddine

Hammam, Beiteddine

Le vieux hammam n’est bien sûr plus en activité mais je le trouve vraiment beau et tranquille. Il y a des salles partout, des passages partout, des portes et des recoins… c’est un plaisir de le découvrir et on se demande ce qu’on trouvera derrière chaque porte : une nouvelle salle ? un nouveau passage secret ?

Après la visite, direction la forêt de cèdres ! Il est temps de reprendre la marche pour retourner au croisement où le bus m’avait laissé deux heures plus tôt.
.

LA RÉSERVE DE CÈDRES DE BAROUK.

Cèdres du Liban

Arrivé au croisement, force est de constater qu’il n’y a aucun passage, juste quelques bus mais qui ne vont pas dans la bonne direction. Décidément, cette partie du Liban semble bien mal desservie par les transports en commun… Je prends mon courage a deux pieds et décide de marcher jusqu’au prochaine village. J’arrive tant bien que mal à la ville la plus proche, Boqaata, où le responsable d’une boutique de téléphonie m’appelle un taxi. En effet, aucun transport public ne dessert la réserve de Cèdres de Barouk.

Pour arriver à la réserve, il faut monter, monter et monter encore. On en arrive même à rouler au bord de tas de neige qui ne semblent pas disposés à fondre.

Réserve de Cèdres de Barouk, Liban

Réserve de Cèdres de Barouk, Liban

Réserve de Cèdres de Barouk, Liban

Réserve de Cèdres de Barouk, Liban

Il y a des sentiers, ça et là, qui laissent supposer qu’on peut faire de la randonnée dans la réserve. Je fais quelques pas mais un garde forestier m’arrête et me dit que, pour le moment, l’accès est interdit aux promeneurs. Je reviens donc bredouille au taxi. On redescend donc dans la vallée et le taxi me dépose à ma dernière étape, Deir El Qamar.
.

DEIR EL QAMAR, CITÉ DES ÉMIRS.

Deir El Qamar

Voilà un autre joli nom, Deir El Qamar, couvent de la lune. L’origine de ce nom vient de l’emplacement du village, sur un ancien temple romain dédié à la lune. Ancienne capitale de l’émirat du Mont-Liban avant de céder sa place à Beiteddine, Deir El Qamar a gardé son surnom de cité des émirs.

C’est un petit village pittoresque et calme. Au centre du village, trône une jolie petite mosquée et la statue de Camille Chamoun, ancien président du Liban, natif du village.

Deir El Qamar

Deir El QamarDeir El QamarAvec ses palais et quelques ruelles, le village se visite assez rapidement. Avant de repartir, je me laisse le temps de prendre une boisson sur la place et de s’imprégner du calme et de la sérénité qui se dégage de Deir El Qamar.

Il est donc temps de repartir. Le chauffeur m’avait dit de prendre un taxi jusqu’au village d’après, Kfar Him, où passent les bus pour Beyrouth. Vu qu’aucun véhicule ne passe, je décide une nouvelle fois de marcher jusqu’au village avant qu’une voiture ne me prenne en stop pour les 10 dernières minutes. Pendant le chemin, le conducteur m’explique qu’on est Vendredi Saint (le vendredi avant Pâques) et que c’est un jour de vacances pour les Libanais. Voilà donc l’explication, voilà pourquoi il y avait très peu de bus et de taxis…

Il me dépose devant un station service en me disant d’attendre le bus. Je me retrouve donc à attendre pendant 5, 10, 15, 20 minutes sans savoir si :
1) je suis au bon endroit
2) un bus va finir par passer
Au bout de 25 minutes, un bus arrive et j’ai pu rentrer tranquillement à Beyrouth…

fioriture

QUELQUES DÉTAILS PRATIQUES.

Deir El Qamar, Liban

Comme vous l’aurez compris, au Liban, mieux vaut éviter de partir pendant les fêtes religieuses. Cela dit, j’avais totalement zappé le fait que c’était la période de Pâques…

Le bus jusqu’à Beiteddine : 7 500 LL (4,5 €)
Entrée au Palais de Beiteddine : 10 000 LL (6 €)
Entrée à la Réserve de Cèdres de Barouk : 7 500 LL (4,5 €)

fioriture

J’espère que cette petite sortie libanaise vous a plu !
N’hésitez pas à commenter et à partager 🙂

 

3 COMMENTAIRES

  1. Ohlala, qu’est ce que c’est beau, qu’est ce que ça me tente ! Mes grands-parents paternels sont libanais, mais je ne sais presque rien du Liban (à part la cuisine de ma grand-mère… et des cours d’histoire très tristes), je n’y ai jamais mis les pieds, et cela reste un monde inconnu pour moi. J’adore le découvrir à travers toi, cet article est MAGNIFIQUE, quelle succession de lieux hors du temps, féeriques ! Les couleurs, la chaleur, ces ambiances… wahouh ! Merci pour ce beau voyage.

    • Merci beaucoup pour tes jolis mots Alexandra.
      Ça me fait vraiment plaisir que cet article te plaise et te donne l’envie de découvrir ce pays, c’est un très beau pays accueillant et chaleureux. J’imagine que les plats de ta grand-mère sont empreints de la même générosité que ceux du Liban 🙂

Laisser un commentaire