France

Voyage au pays des huîtres

 

Vous aimez les huîtres ? Pas moi.
Mais je suis quand même content d’avoir découvert Marennes
et d’en avoir appris un peu plus sur la culture
de ces étonnants fruits de mer.
Venez, on va se promener entre bassins d’affinage et ville fortifiée.

fioriture

En effet, je dois l’avouer, je suis loin d’être un amateur d’huîtres. Chaque année au réveillon de Noël, je prends mon mal en patience. Quand toute ma famille se régale d’huîtres et que les plateaux s’enchaînent, je trouve le temps long, trop long. Moi qui n’attends qu’une chose : le saumon fumé ! Après tout, l’attente rend les tranches de saumon encore plus savoureuses. Pour moi, cette attente imposée par les huîtrophages (est-ce que le mot ostréiphages existe ?) prépare mes papilles, aiguise mon appétit et développe mes sens. La dernière huître engloutie par mon père (pourquoi c’est toujours mon père qui finit les plats d’huîtres ?), je sens le saumon arriver, ah, le voici, dans sa belle robe rose-orangée. Que personne ne me parle, que personne ne me dérange, je suis en pleine dégustation. Mais bon, revenons-en aux huîtres.

J’ai beau ne pas en manger (ne plus en manger pour être exact, car j’en mangeais petit mais j’ai été malade après une dégustation et donc maintenant je ne peux plus en avaler et patati et patata, vous voyez ?), eh bien je ne suis quand même pas totalement inculte en la matière. Je sais, et je remercie d’ailleurs le poissonnier d’être rigoureux sur ses écriteaux, que :

Marennes-Oléron est un grand centre d’élevage d’huîtres (c’est d’ailleurs le but de l’article, même si comme ça on dirait pas)
les huîtres sont classées par numéro et plus le numéro est élevé, plus l’huître est petite, plus le numéro se rapproche de 0, plus elle est grasse.
il peut y avoir des perles dans les huîtres, mais forcément, j’en ai jamais vu à Noël, ça aurait été trop beau
– La France est le premier producteur européen d’huîtres (environ 90% de la production totale) mais la Chine est le premier mondial avec plus de 3 millions de tonnes ! (je ne savais pas nos amis Chinois aussi friands d’huîtres !).

Je vous avais parlé de ma petite semaine en famille sur l’île d’Oléron. C’est donc tout naturellement que mes parents et ma tante, grands amateurs d’ouverture et de dégustation d’huîtres, ont souhaité faire un saut de puce dans la capitale incontestée de l’huître française : Marennes. Je suis pas difficile donc j’ai suivi.

On a commencé la journée par la visite rapide de son centre. Si vous connaissiez ma mère, vous comprendriez tout de suite que quand je parle de centre, je parle de l’église. Elle adore visiter les églises, observer les vitraux, contempler l’architecture. Ça la passionne ! Vu que c’est elle qui marche toujours plus vite que tout le monde, elle était forcément en tête et s’était donc auto décerné le titre de guide de troupe !

Ma mère s’est donc lancée en direction de l’église. Mon père, lui, cherchait déjà la maison de l’huître et ma tante, pas du tout solidaire du groupe, cherchait une épicerie vendant des produits locaux. Du coup, j’essayais tant bien que mal de rassembler tout ce petit monde pour faire une sortie un tant soit peu commune !

L’église est de facture gothique. Son clocher culmine tout de même à 85 mètres et est le plus haut clocher des Charente-Maritime, oui oui. De là-haut, la vue est jolie : sur la ville et, par temps dégagé, sur le port. Alors attention tout de même, pour profiter de la vue, il vous faudra accessoirement avaler les 300 marches !

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Si la culture des huîtres vous intéresse, rendez-vous à la Maison de l’Huître, au sud de la ville, près du port. C’est un centre permettant aux visiteurs d’en apprendre un peu plus sur l’huître et sa culture. Le circuit est ponctué de plusieurs étapes, d’un restaurant et du port de La Cayenne, le port de la ville de Marennes.

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À MARENNES, ON CULTIVE
LA FINE DE CLAIRE

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Vous avez probablement déjà entendu parler des huîtres fines de claire. Pour moi, c’était une sorte d’huître. En fait, les claires sont des bassins d’affinage plus riches en minéraux mais l’avantage principal est que le goût est moins iodé, moins “océanique” que les huîtres de pleine mer. L’affinage en claire est une pratique unique au monde et spécifique à Marennes Oléron qui propose les deux types d’huîtres. L’affinage varie entre 14 et 28 jours. Qui l’eût cru ?

Pour rejoindre le port (et le restaurant, s’empresserait de rappeler mon père), petite marche au milieu des claires et des champs. Mais vous pouvez prendre la navette gratuite qui relie le centre d’accueil des visiteurs, les différentes étapes et le port.

Je ne vais pas m’étendre ici sur tout le long processus de culture et d’élevage d’huîtres. Je peux juste vous parler du (dur) métier d’ostréiculteur !

Pour être (un bon) ostréiculteur, il faut :
être patient : car on élève des huîtres sur plusieurs années,
être rapide : car il faut travailler en fonction des marées et que quand on a beaucoup de boulot, la mer remonte toujours trop vite,
être passionné : car sinon on kiffe pas son boulot,
être organisé : car être rapide mais désorganisé, ça sert pas à grand chose,
ne pas être gêné par le froid et l’humidité : car on a toujours les pieds dans l’eau,
aimer les huîtres : sinon c’est ballot.

Et franchement, après avoir suivi une visite instructive, je peux vous le dire, être ostréiculteur, c’est une tonne de boulot ! Chapeau à tous !

Sur le chemin menant au port de La Cayenne, vous passerez à côté du restaurant du même nom. Là-bas, c’est le paradis de l’huître et des fruits de mer. Par chance, j’ai pu manger des coquilles Saint-Jacques (ça par contre j’adore).

Une fois le repas terminé, les nuages disparaissent et laisse apercevoir un beau ciel bleu. On part faire un tour sur le port de La Cayenne, port réputé de Marennes pour ses cabanes colorées.

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C’est super joli,
c’est super calme,
c’est reposant.
J’aimerais trouver un petit banc et me poser face au va et vient des bateaux,
profiter du soleil et de l’air iodé.
Les vacances quoi !

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HIERS-BROUAGE, LA FORTIFIÉE

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Imaginez : une petite ville fortifiée, cernée de murailles, de larges rues en damier, des petites boutiques… Et tout autour, la campagne, les champs, les forêts. Mais avant, il y avait la mer

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En effet, à l’époque de sa construction, Hiers était une île, Brouage était un port ! Il y avait là le golfe de Saintonge qui, petit à petit, a perdu son eau et s’est transformé en marais. Au XVIème siècle, un seigneur de Hiers entreprend la construction d’un port dédié au commerce du sel, c’est la naissance de Brouage, un petit port de commerce qui sera vite transformé par le cardinal de Richelieu en port de guerre et fortifié étant donné sa position stratégique entre Rochefort et l’île d’Oléron.

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D’ailleurs, Brouage est la ville de naissance de Samuel de Champlain,
fondateur de la ville de Québec au Canada !

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Vous connaissez Marennes et Hiers-Brouage ?
Vous en pensez quoi ?

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2 Comments

  • Reply
    Itinera Magica
    14 février 2017 at 18 h 57 min

    Je ne pensais pas lire avec autant de passion et d’intérêt un article sur les huîtres ! Merci pour cette belle découverte maritime qui sent bon l’iode et le soleil… J’adore découvrir l’Ouest à travers tes magnifiques articles.
    Et l’histoire des villes maritimes qui “perdent” la mer (comme Aigues-Mortes en Camargue ou Bruges en Belgique), ça me fascine complètement, c’est décadent et mélancolique à souhait, c’est du Rodenbach, mon petit cerveau gothique adore ça !

    • Alex
      14 février 2017 at 19 h 24 min

      Moi aussi ça me fascine ! Je me demande toujours “mais comment est-ce possible ?” et surtout, est-ce que ça peut se produire à nouveau ? Genre, est-ce que Marseille peut un jour se retrouver à une trentaine de kilomètres de la mer ??? Inoui !

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