Photographier les déserts : protéger son matériel

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Aujourd’hui, on va s’attaquer à un sujet pratique, les bons gestes quand on voyage dans un désert et/ou un pays chaud. Une minute d’inattention peut suffire à faire passer votre appareil photo de vie à trépas et ça serait dommage de se priver de faire des photos pendant un voyage ! Voici donc quelques précautions qui peuvent sauver la vie de votre appareil photo.

fioriture

Cet article, j’y pense déjà depuis quelques mois. Depuis mon retour de Jordanie en fait. Pendant mes 3 jours dans le Wadi Rum, j’avais toujours à l’esprit mon premier voyage dans le désert, en Egypte, 4 ans plus tôt. Tout excité que j’étais par ma découverte du désert, j’en oubliais le principal : protéger mon appareil photo du sable. Et là, ça ne pardonne pas. Le 3ème jour, catastrophe, l’appareil ne fonctionne plus. Pas besoin d’être un as au Cluedo ou d’appeler Hercule Poirot, il ne m’a pas fallu plus d’une dizaine de secondes pour trouver le responsable : quelques grains de sable au fond de ma sacoche. Concernant le chef d’accusation meurtre avec préméditation, nous déclarons l’accusé coupable ! J’ai eu beau m’imaginer dans les Experts, ça ne m’a pas rendu feu mon appareil photo.

Par chance, j’ai pu utiliser mon portable. Un des premiers smartphones, un Samsung, qui m’a bien sauvé. Bon, il m’a sauvé la mise pendant ma dernière journée dans le désert mais m’a carrément trahi les deux jours d’après lors de ma visite du Caire. Les photos sont carrément atroces.

PROTEGER SON APPAREIL DU SABLE

La plage du Sillon, Saint-MaloQu’on fasse une excursion dans le désert au Maroc, en Egypte ou ailleurs, ou qu’on passe un peu de temps en famille ou entre amis sur une plage, le sable est l’ennemi numéro 1 pour votre appareil.

Non seulement, avec un simple courant d’air, les grains peuvent se loger partout, mais vraiment partout, dans les moindres recoins de votre appareil, mais en plus le sable est abrasif et, en un rien de temps, peut rayer et laisser des traces sur votre objectif.

Le sable est donc votre ennemi n°1 si vous décidez d’emmener votre appareil photo dans le désert ou à la plage.

Dans cette partie, je vais vous donner quelques petits conseils pour protéger au mieux votre appareil photo ou votre caméscope du sable. Ayant moi-même perdu un appareil photo à cause du sable, j’ai bien retenu la leçon et fais désormais très attention quand je voyage dans le désert ou à la plage. Etrangement, je ne prends pas autant de précaution avec mon iPhone mais j’aborderai toutefois la problématique du smartphone en fin d’article.

PRECAUTION N°1.
Après chaque utilisation, avant de ranger l’appareil photo dans votre sac, prenez quelques minutes pour le brosser avec un lens pen (sorte de crayon muni d’une brosse) ou une soufflette. Si vous n’avez pas de lens pen, un pinceau peut faire l’affaire. Ca vous aidera à enlever les petits grains coincés dans les recoins de votre appareil.

PRECAUTION N°2.
Rangez-le dans un sac imperméable, un sac congélation par exemple. Attention, il doit être bien hermétique et fermer parfaitement. En fonction de la taille, ça peut convenir à la fois pour un téléphone ou une tablette et pour un appareil photo. Il existe des sacs congélation assez grands. Quand vous utilisez l’appareil, veillez à bien fermer le sac pour s’assurer qu’aucun grain de sable ne peut y trouver refuge…

PRECAUTION N°3.
Ne posez jamais votre appareil par terre. Quand vous n’utilisez pas votre appareil, rangez-le automatiquement dans son sac, quitte à le ressortir quelques minutes après. Mieux vaut être trop prudent que pas assez. Ne le posez jamais sur votre sac pendant une pause ou un casse-croûte, le sac peut se renverser et faire tomber l’appareil dans le sable. Idem si vous souhaitez utiliser le déclencheur à retardement : trouvez un endroit plat (type rocher) et assurez-vous, là encore, qu’il n’y a pas de sable.

PRECAUTION N°4.
Essuyez vos mains. Ca paraît ridicule dit comme ça mais ça n’est pas si idiot que ça. Dans le désert, il fait chaud, je ne vous apprends rien. Qui dit chaleur, dit transpiration et mains moites. Le sable a vite fait de se coller à vos petites mimines, entre les doigts, sous les ongles, et quand vous faites une photo, utilisez l’objectif ou rangez votre appareil dans le sac, hop, les petits grains s’en donnent à cœur joie pour se glisser partout…

PRECAUTION N°5.
Bien entendu, évitez de changer l’objectif quand vous vous trouvez à la plage ou si vous ne vous trouvez pas dans un endroit à l’abri du vent.
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PROTEGER SON APPAREIL DE LA CHALEUR

Wadi Rum, Jordanie

Quand on voyage dans un désert, la chaleur est avec le sable l’autre grand danger pour votre appareil photo. Il ne faut surtout pas oublier que cette technologie, aussi sophistiquée soit-elle, est très sensible aux températures.

La première des précautions est de ne pas exposer son appareil à la lumière directe du soleil. Lors de ma randonnée dans le Wadi Rum, je portais mon appareil autour du cou. Je sentais que le boîtier était chaud voire brûlant. Je l’ai immédiatement couvert avec les manches de ma chemise (que j’avais serrée autour de ma taille). Quand vous n’utilisez pas votre appareil, veillez donc à toujours le couvrir.

L’exposition thermique augmente logiquement la température de votre appareil mais elle n’est pas la seule source de chaleur : le contact avec l’air chaud favorise également le réchauffement de votre appareil.

Quand vous faites un Jeep Safari dans le désert, si vous vous trouvez à l’arrière du véhicule, vous n’aurez pas trop à craindre. En roulant, les courants d’air frais refroidiront simplement votre appareil. Veillez toutefois à le protéger de la poussière et du sable.

Si vous vous trouvez à l’avant du véhicule : ne déposez pas votre appareil sur le tableau de bord ni devant la climatisation. Le choc thermique entre le froid de la climatisation et la chaleur du dehors peut provoquer de la condensation et donc mettre de l’eau dans votre appareil… Couvrez simplement votre appareil et laissez-le à l’ombre. Si vous sentez qu’il est chaud, rapprochez-le de la vitre baissée du véhicule de temps à autre. Encore une fois, protégez-le de la poussière et du sable.

Si, comme moi, vous décidez de loger dans un camp bédouin, sachez que les chambres/tentes ne sont pas climatisées. Pendant la nuit, le température est fraîche et ne posera aucun problème. Par contre, quand vous revenez d’excursion et que votre tente, restée fermée la journée, est un véritable hammam, y laisser votre appareil le temps d’une douche ou d’un repas peut vite faire monter la température. Dans ce cas, n’hésitez pas à utiliser un sac isotherme (sans bloc de glace pour éviter le choc thermique) et à un placer votre appareil. Si vous ne l’utilisez pas trop souvent, la température sera toujours plus fraîche qu’en extérieur et votre appareil se portera mieux.

Si la configuration le permet, n’hésitez pas à laisser un courant d’air dans votre tente pendant la journée, ça fera baisser la température de quelques degrés.


ATTENTION A LA CREME SOLAIRE

Dunes de sable, Egypte

Si vous utilisez de la crème solaire (je l’espère car en plein désert ça peu vite faire très mal), pensez à bien vous essuyer les mains . La crème étant huileuse et grasse, elle peut vite laisser des traces sur l’appareil en lui-même (déclencheur, écran, objectif, boutons de réglages…) mais sur la lentille elle-même et donc gâcher votre photo. D’autant que des empreintes grasses sur les lunettes ou une lentille d’appareil photo, c’est tellement relou à enlever !
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ET LES SMARTPHONES ALORS ?

Sde Boker

Avec la chaleur, les smartphones ne sont pas en reste ! Je ne vais parler que de mon expérience avec l’iPhone car c’est le téléphone que j’utilise mais j’imagine que c’est quelques lignes sont valables également pour tous les autres types de téléphones/smartphones.

L’iPhone chauffe vite, très vite. Vous l’avez sans doute remarqué pendant que vous le rechargez. De même, lors d’une exposition au soleil, le téléphone devient très vite brûlant et, parfois, le système se coupe automatiquement pour éviter la surchauffe de l’appareil. A vrai dire, je n’ai pas vraiment de solution miracle si vous voyagez dans un désert avec votre smartphone. Voici mon retour d’expérience…

Israël : sur les rives du lac Tibériade, fin juin, il faisait très chaud. Faisant des clichés toutes les 10 secondes, l’iPhone a vite commencé à surchauffer. Quelques fois, je n’arrivais plus à lancer l’appareil photo, parfois la photo faisait planter le système. A cela, rajoutons qu’avec la chaleur, j’avais les doigts moites ce qui ne facilitait pas l’utilisation d’un matériel tactile. Vu qu’un méchant brigand m’a dérobé mon téléphone sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, je ne peux vous dire comment l’iPhone a résisté aux 45°C humides près de la Mer Morte et secs dans le désert du Néguev… Mais si déjà il montrait des signes de faiblesses à Tibériade et Jérusalem, je n’ose pas imaginer le désert…

Jordanie : C’est dans le Wadi Rum que l’épisode du lac de Tibériade m’est revenu en mémoire. A vrai dire, le problème ne venait plus tant du fonctionnement de l’iPhone (je n’ai donc pas eu les problèmes au lancement de l’appareil ou un beug du système) mais plutôt de la carte SIM. Régulièrement, alors que j’ai capté du signal même au milieu du désert, j’avais une mise en garde m’indiquant que ma carte SIM est invalide. En redémarrant le téléphone tout revenait à la normale pendant une poignée de minutes puis bim, rebelotte, carte sim invalide. Ce problème a duré pendant les derniers jours de vacances en Jordanie puis encore quelques jours après mon retour à Paris. Maintenant, plus de problème.

Les conseils énoncés plus haut concernant la protection contre le sable sont évidemment applicables aux téléphones, le sable n’est jamais bon dans la technologie. Un sac congélation peut donc être utile.

Concernant la chaleur toutefois, à part le sac isotherme et éviter de le laisser à la lumière directe du soleil, je pourrais proposer de le laisser dans votre sac, à l’ombre, et non dans la poche de votre pantalon, contre la cuisse où la chaleur de votre corps peut favoriser son réchauffement.

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Voilà, c’est tout pour ce thème épineux de la protection de son appareil photo contre la chaleur et le sable. Il n’y a pas vraiment de solution miracle, à part peut-être acheter des sacs spéciaux. Ceci n’est que le retour de mon expérience et mes conseils par rapport à mes pratiques actuelles. Je serais d’ailleurs ravi d’entendre vos avis et votre manière à vous de protéger votre appareil quand vous voyagez dans le désert ou dans un pays chaud.

Cet article vous a été utile ? Merci de laisser un commentaire et de partager 😉

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4 COMMENTAIRES

  1. Salut !

    J’ai commencé la visite de ton blog par la section « À propos », ce que je fais toujours. mais je suis méga fristrée, car je n’ai pas pu la commenter !
    Je la commente donc ici : j’aime beaucoup aimer ta façon de te présenter, et je dois avouer que ta Bucket List a attiré mon attention ; on a beaucoup de rêves/projets en commun 😉
    Moi aussi, ce que je préfère en ville, ce sont les quartiers historiques : j’ai grandi dans un village médiéval et je vis à présent dans le Vieux Lyon (j’ai vu que tu as fait un article sur Lyon, j’irai le voir après 😉 ). Mais je suis plus nature que ville, donc je pense que la section « randonnées » de ton blog va me plaire 😉
    Dans tes rêves, il y a « Voir des baleines, des belugas, des narvals, desorques ». Je t’invite donc (non non, je ne voulais pas faire de la pub à la base mais…) à consulté l’un des articles de mon blog : http://lafauteaugraph.blogspot.fr/2016/02/de-lespoir-dans-lecume-des-flots.html parce que naviguer avec des belugas fut l’une des plus belles expériences que l’on a pu vivre au cours de notre voyage au Svalbard. Et je pense que c’est un voyage à envisager pour toi qui aime autant les désert, car le désert arctique est assez unique 🙂
    Et petite réaction par rapport à tes projets personnels : moi aussi, j’aimerai publié un roman \o/. Et j’ai étudié le grec (ancien, mais le grec quand même) une année ; depuis, je ne rêve que de recommencer. 🙂

    Je commente sur cet article aussi parce que nous partons cet été faire une rando de 15 jours à cheval en Mongolie, avec trois jours dans le désert de Gobi. Je me tuerai si le sable assassinait mon appareil photo 😮 donc je te remercie pour cet article, qui va beaucoup me servir je pense 🙂

    Au plaisir et bonne continuation,

    Marion

    • Bonjour Marion,
      Merci pour ton commentaire ! Je ne sais pas pourquoi on ne peut pas mettre de commentaires sur la page à propos, j’ai pourtant bien coché la case 😉
      La section randonnée est actuellement en travaux, je vais l’alimenter au fur et à mesure. J’ai d’ailleurs fait récemment une randonnée en Bosnie que je vais bientôt partager sur le blog…
      Tu parles du désert arctique et, en découvrant les articles sur votre blog, j’ai été conquis par l’article sur Phantomodden, ça a l’air sublime et ça me donne vraiment envie d’y aller.
      J’attends avec impatience le ou les articles sur le désert de Gobi car c’est également un endroit que je rêve de visiter !
      Pour l’article sur les belugas que tu m’as recommandé, je vais directement sur la page 🙂

    • Des fois, c’est des petits trucs tout bêtes mais qui peuvent sauver ton appareil. D’autant qu’un sac imperméable et un pinceau, ça ne prend pas trop de place 🙂

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