La tentation du Wadi Rum

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Le désert, encore ! Après une première expérience dans le désert égyptien puis le désert du Négev en Israël, je me languissais de visiter d’autres déserts, de fouler d’autres dunes de sable. En venant en Jordanie, la tentation de visiter le Wadi Rum, le célèbre désert jordanien, était trop grande et irrésistible. Je pris mon sac sur le dos, chaussai mes baskets et m’avançai sur le sable rouge.

fioriture

Wadi RumL’accès au village de Rum, porte d’entrée au désert, est sécurisée. Seuls les détenteurs d’une réservation dans un camp bédouin ou avec un guide peuvent continuer. Les autres, ceux qui viennent ici au petit bonheur la chance doivent aller au centre de visiteurs et dire ce qu’ils aimeraient faire. Ils seront ensuite redirigés vers des guides qui les accueilleront. Il est extrêmement rare et non recommandé de pénétrer dans le Wadi Rum par ses propres moyens. Les autorités jordaniennes veulent éviter les accidents et les disparitions de touristes, perdus dans le désert, leur véhicule embourbé dans le sable. Ça me rappelle l’Egypte où des check-points surveillaient les routes accédant au désert.

Quand le petit van en provenance de Pétra s’arrête devant le centre de visiteurs, deux Bédouins montent. Ils portent un long vêtement blanc, immaculé, sans le moindre pli. Leurs cheveux noirs sont impeccablement peignés en arrière et un peu ondulés. Ils demandent aux touristes présents qui a une réservation et qui n’en a pas. Nous sommes ensuite répartis suivant nos guides.

J’avais réservé 4 jours de randonnée avec le Bedouin Lifestyle Camp. Accompagné de deux touristes japonais, je suis emmené dans le village de Rum pour faire un point sur nos réservations respectives. Attallah, le gérant, nous accueille. Je n’ai été que moyennement voire peu satisfait par le Bedouin Lifestyle Camp. L’équipe présente sur le camp est très sympathique, la nourriture était bonne et préparée chaque jour dans la cuisine du camp… mais plusieurs agissements d’Attallah m’ont déçu et m’ont contraint à changer mes plans. Finalement, ça sera 2 jours de randonnée et basta. Je vous recommanderais donc de bien choisir votre guide/camp bédouin et de ne pas les choisir eux.

La jeep nous mène au camp situé au pied d’une falaise. J’ai l’après-midi de libre. A mon grand étonnement, on me dit que je peux me promener où je veux, seul. Il me parle d’un de leur client qui est parti le matin, seul, pour une promenade, et qu’il reviendra ce soir au camp. Je trouve le protocole de sécurité un peu léger. Soit, je prends mon sac, y mets deux grandes bouteilles d’eau, et marche devant moi, je ne sais pas vraiment où d’ailleurs. Pour retrouver mon chemin, je suis les traces de pneus.

Des dromadaires traînent à côté du camp. Il y en a 7. Je demande s’ils sont en liberté, on me dit qu’il n’y a aucun dromadaire en liberté dans le désert, que tous appartiennent à des bédouins. Je m’en approche, tente quelques clichés et poursuit ma route.

Contrairement au désert égyptien, le Wadi Rum est un désert rouge. Son sable n’est pas blanc/jaune mais plutôt rouge/orange. Pas étonnant qu’on y tourne les films censés se dérouler sur Mars… Je crois qu’en rentrant à Paris, je dirai adieu à mes baskets et mes chaussettes. A l’origine blanches, le sable rouge a fini par tacher mes baskets, s’est infiltré à l’intérieur et a totalement coloré mes chaussettes. Cela dit, c’est amusant d’avoir un petit coussin de sable à l’intérieur de ses chaussures… Après une ou deux heures de marche, je rentre au camp, la faim me creuse le ventre. Le matin, l’hôtel à Pétra m’avait remis un petit déjeuner à emporter. J’en sors la dernière barre chocolatée, complètement fondue et collante. Qu’importe, en toute occasion et sous toutes ses formes, le chocolat c’est délicieux. A fortiori quand on a faim… Arrivé au camp, on me propose de m’emmener voir le coucher de soleil.

J’ai toujours aimé les couchers de soleil. Je trouve ça apaisant et romantique. Au dessus du désert, je trouve le coucher encore plus spectaculaire. Les couleurs sont dorées, la chaleur est douce, une petite brise vient caresser les visages.

De retour au camp, il est temps de manger. Manger, enfin ! D’autres touristes ont rejoint le camp. Nous nous installons tous sur les banquettes posées à même le sol autour du feu. On nous sert du thé. Du vrai thé comme j’aime. Sucré à souhaite voire à outrance. Des notes subtiles de cannelle ressortent. Chez moi, je ne sucre jamais mon thé mais le thé à la menthe marocain ou le thé bédouin ne peut être bu sans sucre. Quelques notes d’oud résonnent contre la falaise.

Ce soir, le plat est du poulet et des pommes de terre cuits à la vapeur. Il s’agit d’un procédé utilisé par les Bédouins qui cuisent leur viande et leur légume sous terre. On s’approche d’un tas de sable. Une fois le sable enlevé, on retire l’aluminium et la plaque de fer qui couvre un puits dans lequel se trouve le poulet et les légumes. Accompagné de riz, de soupe de lentilles, de crudités, le plat est absolument délicieux. Le poulet est assaisonné comme il faut et la soupe de lentilles est excellente.

Au dessus de nous, le ciel dévoile des étoiles à n’en plus finir. Je retrouve le ciel magiquement étoilé que j’avais découvert en Egypte. J’écoute les chansons bédouines, un petit verre de thé à la main, les yeux plongés dans les étoiles.

Le lendemain matin, mon guide me rejoint et nous partons après le petit déjeuner. Il est même pas 9 heures et le soleil est déjà chaud. Nous avançons sur le sable. Lui marche d’un pas décidé, il connaît ces endroits, il maîtrise l’environnement. Moi, pas du tout. Toutes ces roches se ressemblent, toues les traces de pneus ce croisent et se croisent encore.

Notre première destination est le Khazali Canyon. Ce petit passage entre deux falaises me rappelle le Siq, le célèbre passage qui permet l’entrée à Pétra.

Le Khazali Canyon n’est pas réputé pour sa longueur – il fait environ une centaine de mètres – mais pour ses inscriptions en arabe datant du début de la période islamique. Mon guide me dit qu’elles remontent à l’époque du Prophète car à cette époque, l’écriture arabe n’utilisait pas encore de points sur certaines lettres. Je ne m’attendais pas à trouver ce type d’inscriptions ici. On y trouve également des dessins nabatéens (le peuple qui bâtit Pétra).

Le deuxième jour, nous partons dans la direction inverse. En me déplaçant à pied, il n’est pas possible de voir beaucoup de choses du désert donc il est fort probable que j’ai manqué un tas d’endroits mais je m’attendait à voir des grandes dunes de sable. En fait, le Wadi Rum, de ce que j’en ai vu, est un désert majoritairement plat avec des cailloux et des montagnes. On se croirait presque sur une autre planète.

Après une longue journée de marche, nous revenons au camp. Je pars voir un dernier coucher de soleil. Ma dernière nuit au camp est calme et paisible. Les petites cahutes qui nous sont attribuées sont rudimentaires mais le lit est confortable et, point positif, il y a une prise dans ma petite « chambre », j’ai donc pu recharger la batterie de mon appareil.

Le petit déjeuner est simple mais efficace, du thé, de la labneh, des œufs… Juste de quoi tenir jusqu’à Aqaba, prochaine et dernière destination. On règle les derniers détails dans le village de Rum, le taxi attend. C’est parti pour la Mer Rouge !

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