Impressions de Şanlıurfa

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J’ai décidé de visiter le Sud-Est de la Turquie il y a à peine 3 mois. Pour certains, c’était un coup de folie, partir dans cette zone de la Turquie, si proche de la frontière syrienne, alors que le mot terrorisme est sur toutes les lèvres. Même à Istanbul, quand un douanier a appris ma destination, il m’a fait passer un interrogatoire et une fouille minutieuse. Mais ça en valait vraiment la peine.

fioriture

Aller à Sanliurfa

Après avoir découvert la charmante ville de Gaziantep, je me suis rendu à Şanlıurfa, deuxième grande ville du sud-est anatolien, à quelques kilomètres de Gaziantep. C’est une ville sainte pour les Musulmans et les Chrétiens : selon la légende, Adam et Ève auraient séjourné dans la cité qui serait également la ville natale d’Abraham et qui abriterait la tombe de son épouse Sarah. Certains textes avancent même l’hypothèse qu’il s’agisse de la ville de Rûh, une des villes construites après le Déluge, ce qui expliquerait l’autre nom de la ville, Riha.

Visiter Sanliurfa

La route entre Gaziantep et Urfa est plutôt monotone et le paysage ne change guère entre les deux villes, malgré les 150 kilomètres qui les séparent. Le sol est principalement jaune, jaune comme les hautes herbes séchées et brûlées par le soleil et la proximité du désert. Sinon, ce sont des étendues de pistachiers. Alors qu’ils devaient s’étendre à perte de vue il y a encore quelques années, les pistachiers sont souvent rasés pour y construire de nouveaux immeubles, des quartiers tout entier qui sortent de terre, au milieu de nulle part. Après une heure et demie sur la route, me voici enfin à Urfa.

URFA, C’EST DÉJÀ l’ORIENT

À peine mes pieds foulent le bitume, je sens la chaleur qui m’oppresse. On a beau n’être qu’en avril, le thermomètre affiche une température supérieure à 35°C. Je regarde autour de moi, Urfa semble bien différente de Gaziantep, sa voisine. Si Gaziantep est facilement identifiable en tant que ville turque, Urfa, quant à elle, paraît décidément beaucoup plus moyen-orientale. Quand je parle de « ville turque », je parle d’une ambiance, d’une attitude générale et d’un mélange d’orient et d’occident. Urfa, elle, n’est pas un mélange, Urfa, c’est déjà l’orient. On se sent déjà plus près de la Syrie et des pays arabes que de villes comme Ankara, Izmir, Antalya ou Istanbul.

Sanliurfa

Dans le parc où se trouve la célèbre mosquée bordée par un étang plein de poissons, la foule se presse. On y vient pour prendre un thé, faire des photos, se promener entre amoureux, entre amis ou en famille. On vient nourrir les poissons, jouer sur la pelouse… Il y règne une ambiance familiale et sereine.

Me voyant accroupi près de l’étang à faire quelques photos, un homme d’une trentaine d’années vient se tenir à côté de moi et me demande si j’aime Şanlıurfa. De fil en aiguille, nous commençons à discuter. Il me raconte qu’il est de Gaziantep mais qu’il a fait son service militaire à Şanlıurfa, qu’il y revient en famille, de temps en temps. Voilà ce que j’aime en Turquie, c’est que le contact semble se faire plus facilement, tout simplement.

Le Balikli Göl, l'étang aux poissons

Les fameux poissons

Dans le parc, la vie semble tourner au ralenti. On n’entend plus le bruit des voitures et des klaxons qui envahissent les rues et les avenues. On n’entend plus le sifflet du policier occupé à gérer la circulation chaotique de cette fin de matinée. On n’entend plus les vieilles mobylettes qui slaloment entre les véhicules arrêtés… Non, seuls le chant des oiseaux, le vent (beaucoup trop rare et timide) dans les feuilles des arbres et le cri des enfants se font entendre. Vu comme ça, Urfa donne une impression de ville paisible.

Je poursuis mon chemin et grimpe jusqu’à la citadelle qui, comme celle de Gaziantep, est fermée (mais seulement aujourd’hui). Je redescends et me dirige vers le souk.

Le souk de Sanliurfa

Je traverse une place où un stand recueil de l’argent et des objets pour les réfugiés syriens. En se promenant dans la ville, on rencontre de nombreux réfugiés et on se rappelle que la Turquie (surtout le sud du pays) accueille de nombreux syriens.

À côté du stand, sous un soleil de plomb, on propose des bijoux, des foulards, des épices, des souvenirs, de l’eau et des glaces. Les enfant se ruent vers les glaces à la vanille et au chocolat. Quant à moi, ça sera un dernier thé, sous les arbres au bord d’un étang, avant de regagner Gaziantep.

Un thé à Sanliurfa

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4 COMMENTAIRES

  1. C’est vraiment magnifique. Tes images sont de toute beauté. Je ne sais pas si j’aurais osé aller dans cette région en ce moment, moi je l’avoue, je suis une trouillarde terrifiée par le terrorisme, mais j’admire tes photos et cette atmosphère que tu as su capturer – c’est vraiment superbe.

    • Merci beaucoup pour ce commentaire, ça me fait très plaisir 🙂
      En effet ce n’est peut être pas le meilleur moment mais, quand la situation sera devenue plus sereine, tu pourras y aller 😉

  2. Super périple et chouette destination, certaines de tes photos me rappellent Séville ! Très joli reportage, et en effet c’est courageux d’y aller quand on voit le contexte, mais finalement, sommes-nous plus à l’abri ici ? Merci pour le partage, bonne journée !!

    • Merci 🙂
      Je ne connais malheureusement pas Séville mais j’espère y aller bientôt ! Mais je confirme, c’est une chouette destination et jolie découverte.
      Bonne journée à toi 😉

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