Entre deux collines verdoyantes bordant la vieille cité,
baignée de part et d’autre par la boucle du Doubs,
entourée d’un écrin de verdure,
la citadelle de Besançon surveille la ville depuis maintenant 4 siècles !
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Depuis la colline de Bregille, pleine vue sur la Citadelle et les collines verdoyantes de Besançon.

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UNE DES ŒUVRES MAÎTRESSES DE VAUBAN,
UNE DES CITADELLES LES MIEUX CONSERVÉES

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Les bâtiments ne sont pas seulement un amas de pierres, ce sont des lieux qui ont une âme, des endroits qui saignent des blessures du passé, qui retiennent secrets et histoires, qui vibrent avec les soubresauts de l’Histoire. Les monuments devant lesquels on passe tous les jours sont les témoins des destins croisés qui ont hanté leurs couloirs et leurs cachots, ils gardent la mémoire de ces vies qui enivrent encore les vieilles pierres. La Citadelle de Besançon, chef d’œuvre de Vauban, patrimoine mondial de l’Unesco, en est le parfait exemple. Mémoire des Hommes, mémoire de la ville, pour le meilleur et pour le pire. Elle a vu passer les siècles et défiler les armées, elle a assisté aux révolutions et aux conflits, abrité prisonniers et condamnés. Elle était là bien avant nous et elle nous survivra, nous surveillant depuis son éperon rocheux. Et puisqu’elle garde secrètement des pages d’Histoire trop méconnues, elle fascine autant qu’elle intrigue.
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Les Bisontins y sont très attachés. De temps à autre, régulièrement, on lève un œil vers elle, comme on regarde une boussole. Je t’avoue que, même après plus de 25 ans à Besançon, j’adore la voir apparaître sans m’y attendre, derrière les feuillages ou au hasard des chemins, entre deux bâtiments. Imposante, elle a un petit quelque chose d’intimidant et de magnétique, elle attire le regard et ne le lâche plus. Quand on aime l’Histoire ou qu’on s’y intéresse, la Citadelle de Besançon est incontournable, tant pour son histoire à elle que pour certains musées qu’elle abrite aujourd’hui. Mais elle fait tellement partie de notre paysage qu’on pense tout savoir sur elle, on en vient à oublier qu’il reste encore nombre de secrets qu’elle garde jalousement. Alors aujourd’hui, j’ai envie de faire un voyage dans le temps, de voler d’une époque à l’autre, en gardant un œil sur notre chère citadelle. Et comme plus on est de fous, plus on rit, je t’embarque avec moi ! Allez, partons découvrir la Citadelle à travers quelques faits insolites !

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QUELQUES FAITS INSOLITES
POUR DÉCOUVRIR LA CITADELLE !

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LA CONSTRUCTION DE LA CITADELLE
A ÉTÉ COMMENCÉE…
PAR LES ESPAGNOLS

Si la ville de Besançon communique beaucoup sur Vauban, on ne doit pas oublier que la ville a une longue histoire millénaire derrière elle, aussi riche que passionnante. Sur le mont Saint-Etienne, où se trouve la citadelle actuellement, les Romains avaient fait édifier un temple, détruit au fil des siècles. Non loin de là, une église a été construite au IIIe siècle, probablement la première de la ville.

Au 17ème siècle, la ville est conquise une première fois par les Français et Vauban dessine les plans pour sa future citadelle. Il aura à peine le temps de les terminer que la ville doit retourner aux mains des Espagnols qui chassent les Français. Les Espagnols entreprennent de construire la citadelle pour fortifier davantage la ville. La première pierre est posée le 26 septembre 1668 et la construction dura 6 ans, jusqu’au retour des troupes françaises. En 1674, Louis XIV assiège à nouveau Besançon et mène sa deuxième guerre contre la ville. Vauban dira de la citadelle espagnole qu’elle « n’a que les os ». Les hostilités durent 29 jours, les boulets de canon pleuvent sur la ville qui est pratiquement rasée. L’église Saint-Etienne est complètement détruite et ses maigres vestiges furent balayés par Vauban qui poursuivit l’édification de sa citadelle.

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Sur les murs, l’architecte espagnol a laissé son nom, en grosses lettres.

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La présence espagnole est visible sur un mur du Front Royal avec cette inscription, en grosses lettres, du nom de l’architecte de la cour espagnole.

Mais alors, citadelle espagnole ou citadelle de Vauban ? Même si on doit aux Espagnols l’édification du Front Royal et du Front de Secours, c’est bien à Vauban qu’on doit la citadelle bisontine. Quand les Français ont quitté la ville en 1668, les Espagnols ont récupéré les plans de Vauban pour la citadelle et ont commencé à la construire selon ses projets.

Pour la petite histoire, pour la seule citadelle, les travaux durèrent 8 ans, 20 ans pour la totalité des fortifications de la ville. L’édifice coûta si cher au trésor royal que Louis XIV demanda à Vauban si les murs étaient faits en or.

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UNE COLLINE RABOTÉE

En 1674, quand les Français arrivent pour conquérir la ville, les plans de Vauban sont clairs : on attaque la ville de front du côté de la porte d’Arènes. Les troupes françaises se lancent mais se heurtent à la résistance des Bisontins, les pertes coté français sont nombreuses, plus nombreuses qu’escompté. Pour ne rien arranger, le Doubs est en crue et ralentit dangereusement l’avancée des troupes royales. Puis Vauban change de plan et décide d’investir les collines bordant la ville : Chaudanne et Bregille. L’armée française grimpe les deux collines avec canons et munitions et tient la ville en joug. Les canons crachent pendant une vingtaine de jours environ 30 000 boulets sur la ville et sur la citadelle espagnole. La ville se rend, vaincue, au roi.

Vauban connaissait donc le point faible de la ville, ses deux collines qui, un peu plus hautes que le mont Saint-Etienne, peuvent être fatales pour la défense de Besançon. Mais les travaux commandés par le roi sont déjà tellement chers que Vauban refuse de construire un fort sur Chaudanne et un fort sur Bregille. Pour éviter que les armées étrangères n’attaquent la citadelle, il souhaite des remparts hauts, très hauts. Certains mesurent environ 30 mètres de haut. Pour cela, il décide de faire raboter toute la surface du mont Saint-Etienne de 5 mètres. À la main, les soldats vont donc s’activer pour raser de 5 mètres le mont couvert de roches et de pierres (qui serviront à la construction de la citadelle).

Quand on regarde le bas des murs de la citadelle, on voit la différence entre les murs et le sol. Comme sur l’image ci-dessous.

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L’EAU DU PUITS EST IMBUVABLE

Anciennement ville religieuse, Besançon va se voir affecter avec Louis XIV une toute nouvelle vocation, celle d’une ville militaire. Le roi qui voulait faire de Besançon un des maillons essentiels de la défense du royaume fait relever les remparts de la ville, construire des glacis, moderniser le Fort Griffon (déjà modifié par Charles Quint), et édifier la citadelle. Tout naturellement, une garnison militaire s’installe dans la citadelle. Prévue pour accueillir 5000 soldats, elle n’en accueillera que 2000, logés à raison de 15 soldats par chambrée seulement munie de 5 lits. La citadelle abritera également pendant quelques années une école militaire, voulue par Louvois, ministre de la guerre, et accueillit à ce titre environ 600 cadets.

Et pour assurer la survie des soldats en cas de siège et l’approvisionnement de la place forte en eau, Vauban, fait construire un grand puits de 132 mètres de profondeur, jusqu’à la nappe phréatique. Dans la grande roue de 4 mètres de diamètre, un homme marchait pour faire remonter les seaux d’eau. Mais si Vauban semblait anticiper de nombreux détails, Besançon lui a réservé une dernière surprise. Le sol franc-comtois étant riche en gisements d’eau salée, l’eau puisée dans le puits était imbuvable. Ils décidèrent alors de récupérer l’eau de pluie. (Impossible de savoir ce qu’ils auraient fait si la ville avait été assiégée en plein été).

D’après les dernières mesures, le puits ne mesure que 125 mètres, il n’aurait donc pas été terminé.

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Le fameux puits, inutile mais quand même très beau !

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UNE SOMBRE AFFAIRE DE POISONS

Avec ses soldats, ses munitions et ses hauts et imposants remparts, la place forte est prête à affronter les ennemis… qui ne viennent pas. On dit à l’époque de Besançon est imprenable. Auraient-ils eu peur d’attaquer la ville ? À défaut d’être un lieu de guerre, la citadelle va rapidement se transformer en prison d’état et on y enfermera principalement des espions et des déserteurs de l’armée royale. Mais les prisonniers les plus célèbres relèvent d’une tout autre affaire, une histoire scandaleuse et sulfureuse qui marqua le règne du Roi Soleil : la fameuse affaire des poisons.
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Une affaire qui commence, comme beaucoup d’autres, par une simple enquête, sur une mort suspecte. Il s’avère que la victime était un marchant de filtres, comme on appelait les poisons à l’époque. On creuse, on questionne, on fouille dans les ruelles sombres et oubliées du Paris du 17ème siècle. On arrête des sorcières, des vendeuses de filtres qu’on envoie au bûcher devant une foule déchainée, et des noms commencent à sortir, notamment un, qui agit comme un tremblement de terre pour le roi : celui de la Marquise de Montespan, grande dame fréquentant assidûment la cour, appréciée pour ses mots d’esprits et sa beauté et qui est, au passage, favorite du roi et mère de plusieurs de ses enfants. On découvre même qu’elle s’adonne à des messes noires et pratique les sacrifices d’enfants pour conserver les faveurs du souverain. On découvre son réseau tissé de vendeuses de potions douteuses, d’un abbé satanique, l’abbé Guibourg, et toute une foule de gens peu recommandables.

C’est en décidément trop pour le roi qui abandonne la marquise qui tombe en disgrâce. Pour sauver les apparences aux yeux du royaume et de l’Europe (elle est tout de même la mère des enfants du Roi Soleil), le souverain fait détruire toutes les preuves mentionnant son nom et lui maintient ses privilèges. Quant aux autres prisonniers, on les envoie dans les geôles des forteresses et prisons aux quatre coins du royaume. La citadelle de Besançon accueillera en ses murs 8 prisonniers dont un ancien valet de chambre du roi et le fameux abbé Guibourg, l’instigateur et prédicateur de ces messes noires. Si l’abbé mourut au bout de quelques années, un des prisonniers mourut à la citadelle de Besançon après 48 ans de captivité.

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UN AIR DE DÉJÀ VU

Si la période de la Révolution ne vit que peu de changement à la Citadelle, si ce n’est l’emprisonnement de royalistes, le 19ème siècle vit la place forte tenir le rôle pour lequel elle avait été construite. Les avancées techniques et les progrès de l’artillerie avaient beau la rendre obsolète et dépassée, elle sortit néanmoins victorieuse de deux blocus, sans trop subir des dommages : celui des Autrichiens en 1814 et celui des Prussiens en 1871.

Vauban connaissait le point faible de Besançon, ses collines, et s’il avait utilisé cet aspect pour conquérir la ville, le fait de n’avoir pas protégé les collines a failli coûter à nouveau très cher à Besançon qui voit, en 1814, les Autrichiens arriver, canon en tête, sur la colline de Bregille, prêt à faire feu sur la cité. Fort heureusement, l’abdication de Napoléon a permis à Besançon d’échapper au bombardement. Mais pas de panique, aujourd’hui les collines disposent désormais de forts militaires construits à partir de 1830.

Quant à la Première Guerre mondiale, même si nombreux furent les Francs-Comtois qui partirent au front, la ville restait loin des combats. Besançon et sa citadelle devinrent un centre logistique militaire. L’Armée française déclassera par la suite le bâtiment qui restera inoccupé jusqu’en 1940.
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DE PLACE DE DÉFENSE…
À SITE MARTYR

Si la Première Guerre l’a épargnée, la Seconde Guerre s’est déroulée sous ses yeux, entre ses murs. Dès 1940, la France est occupée. Besançon voit les Allemands occuper la ville qui installent sur place une annexe de la Gestapo et qui prennent leurs quartiers dans la Citadelle. Si les résistants et autres prisonniers étaient enfermés dans l’actuelle prison de Besançon, la Citadelle était le lieu où ils étaient fusillés. Il y aura au total 99 fusillés dans la Citadelle : des Français, des Italiens, des Espagnols, des Polonais… à l’emplacement des actuels poteaux en bois, entre le puits et l’ancienne chapelle.
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Poteaux des fusillés

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Pour moi, la Citadelle est intimement liée à cette période de l’Histoire et si je ne pourrais me souvenir de tous les noms, il y en a un qui me vient souvent à l’esprit quand je passe devant ces poteaux, celui de Henri Fertet.

Henri Fertet est le plus jeune fusillé de la Seconde Guerre mondiale. Engagé en résistance en 1942 dans le groupe Guy Mocquet, il participe à de nombreux actes de résistance et de sabotage dans les environs de Besançon. Il sera arrêté le 3 juillet 1943 et interné à la maison d’arrêt où il restera trois mois dans des conditions déplorables. Le 26 septembre 1943, à 7h36, il est emmené à la Citadelle et fusillé avec 15 de ses camarades. Il n’avait que 16 ans.

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Dans l’œil de l’échauguette

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Le matin de son exécution, il écrit une dernière lettre à ses parents,
aujourd’hui conservée au Musée de Résistance et de la Déportation de Besançon :

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“Besançon, prison de la Butte (Doubs)

26 septembre 1943

Chers parents,

Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vu si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.

Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, [ce] que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir sur moi votre tendre sollicitude que de loin, pendant ces quatre-vingt-sept jours de cellule, votre amour m’a manqué plus que vos colis et, souvent, je vous ai demandé de me pardonner le mal que je vous ai fait, tout le mal que je vous ai fait. Vous ne pouvez douter de ce que je vous aime aujourd’hui, car avant, je vous aimais par routine plutôt mais, maintenant, je comprends tout ce que vous avez fait pour moi. Je crois être arrivé à l’amour filial véritable, au vrai amour filial. Peut-être, après la guerre, un camarade parlera-t-il de moi, de cet amour que je lui ai communiqué ; j’espère qu’il ne faillira point à cette mission désormais sacrée.

Remerciez toutes les personnes qui se sont intéressées à moi, et particulièrement mes plus proches parents et amis, dites-leur toute ma confiance en la France éternelle. Embrassez très fort mes grands-parents, mes oncles, mes tantes et cousins, Henriette. Dites à M. le Curé que je pense aussi particulièrement à lui et aux siens. Je remercie Monseigneur du grand honneur qu’il m’a fait, honneur dont, je crois, je me suis montré digne. Je salue aussi en tombant mes camarades du lycée. À ce propos, Hennemay me doit un paquet de cigarettes, Jacquin, mon livre sur les hommes préhistoriques. Rendez le “Comte de Monte-Cristo” à Emeurgeon, 3, chemin Français, derrière la gare. Donnez à Maurice Andrey de La Maltournée, 40 grammes de tabac que je lui dois.

Je lègue ma petite bibliothèque à Pierre, mes livres de classe à mon cher Papa, mes collections à ma chère maman, mais qu’elle se méfie de la hache préhistorique et du fourreau d’épée gaulois.

Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des Français heureux, non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête.

Que les Français soient heureux, voilà l’essentiel. Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.

Pour moi, ne vous faites pas de soucis, je garde mon courage et ma belle humeur jusqu’au bout et je chanterai “Sambre et Meuse” parce que c’est toi, ma chère petite maman, qui me l’a appris.

Avec Pierre, soyez sévères et tendres. Vérifiez son travail et forcez-le à travailler. N’admettez pas de négligence. Il doit se montrer digne de moi. Sur les “trois petits nègres”, il en reste un. Il doit réussir.

Les soldats viennent me chercher. Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée, mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort, j’ai la conscience tellement tranquille.

Papa, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ? Je meurs volontairement pour ma Patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre, bientôt au ciel. Qu’est-ce que cent ans ?

Maman rappelle-toi :

“Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs Qui, après leur mort, auront des successeurs.”

Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.

Mille baisers. Vive la France.

Un condamné à mort de 16 ans.

H. Fertet.

Excusez les fautes d’orthographe, pas le temps de relire.

Expéditeur : Monsieur Henri Fertet, Au ciel, près de Dieu.”

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UNE CITADELLE ALLEMANDE

4 septembre 1944. 17 000 Américains, Français et étrangers entrent dans Besançon. Le 7 septembre, c’est le jour J : la bataille pour la Libération de Besançon est lancée ! Et encore une fois, comme il est coutume dans l’histoire de Besançon, ils se positionnent sur la colline de Chaudanne, face à la Citadelle et tirent à coup d’obus sur la place forte où se tenaient les Allemands, alors qu’au même moment un contingent tente de prendre la place forte depuis le front Saint-Etienne. C’est le premier et dernier combat que connaîtra la citadelle.
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Aussi dingue que ça puisse paraître, la Citadelle, fierté du royaume de France, voulue par Louis XIV pour défendre ses frontières et conçue par l’esprit ingénieux de Vauban, eh bien cette citadelle, pour le seul véritable combat de son histoire, étaient défendue… par les Allemands ! Et ce sont les Français qui l’attaquèrent.

Suite aux bombardements, l’édifice est endommagé mais les hostilités cessent rapidement, les Allemands se rendent. Le 8 septembre, Besançon est libérée. 4 jours de combats qui font près de 400 morts : 28 hommes des Forces Françaises Libres, 29 civils, 80 soldats américains et 250 soldats allemands.
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OUVERTURE DU DÉPÔT 85

La guerre terminée, la France doit panser ses plaies. Mais que faire des prisonniers de guerre allemands ? Dès 1945, le gouvernement français décident de les envoyer dans différents forts aux quatre coins du pays. La citadelle de Besançon prendra alors le nom de Dépôt 85 jusqu’en 1948. De bourreaux, les Allemands sont devenus prisonniers. En quatre ans, près de 6500 soldats allemands seront internés dans la place forte bisontine.
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Parmi eux, un certain Hans Wojtaszyk,
artisan-peintre enrôlé dans l’armée allemande en 1941.
Interné pendant un an au Dépôt 85, il va laisser un témoignage inouï
de son passage avec environ 33 fresques murales.
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Envie d’évasion ? Besoin de liberté ? Nostalgie de son métier de peintre ?
On ne sait pas réellement ce qui poussa Hans Wojtaszyk à réaliser ces fresques
dans les cellules et jusque dans la salle des gardes.

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D’ailleurs, les gardiens étaient des soldats nord-africains.
Est-ce pour eux qu’il a dépeint cette fresque d’inspiration orientale ?
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Ces salles sont fermées au public pour des raisons évidentes de sécurité : le parquet est fragile tout comme le plafond et les escaliers en piteux état. En espérant qu’un jour ces salles soient réhabilitées et ouvertes au public.

Le Dépôt 85 sera officiellement fermé en octobre 1948 , et ses derniers prisonniers seront renvoyés dans leur foyer ou choisiront de rester en France. Si cet épisode mal connu de l’Histoire t’intéresse, je t’invite à découvrir ce site merveilleusement bien documenté. Tu y trouveras en plus la totalité des œuvres de Hans Wojtaszyk !

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LIEU DE LOISIRS, DE CULTURE
ET DE MÉMOIRE

Après ces années troubles, la citadelle a trouvé une toute nouvelle vocation quand la ville de Besançon rachètera le monument à l’armée : on en fera un lieu de mémoire, bien sûr, mais aussi un site de loisirs. Voilà la citadelle prête à embrasser un nouveau destin. On y installe un zoo qui compte kangourous, tigres, volatiles et singes, on y ouvre un cabinet de curiosités, un insectarium et même un petit aquarium qui ne présente que les variétés présentes dans le Doubs. Pas besoin d’exotisme, apprenons d’abord à connaître nos espèces locales. Et dans l’ancienne chapelle, un film multimédia te fait découvrir l’histoire de la Citadelle et de Besançon !
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Et puis on y a même installé deux musées : le Musée Comtois et Musée de la Résistance et de la Déportation.On doit ce dernier à Denise Lorach, bisontine juive déportée avec son fils à Drancy puis à Bergen-Belsen. Rentrée en France en 1945 en camion avec son fils au cours d’un périple de deux mois, elle demandera, dans les années 60, une salle à la ville de Besançon pour y présenter une exposition sur la déportation. Le maire, Jean Minjoz, lui proposera de faire un musée. Elle y consacrera tout son temps, collectionnera objets et lettres, s’informera auprès d’historiens pour ouvrir, en 1971, son musée à la citadelle. Pour en avoir visité plusieurs, il est vraiment très complet, présentant le conflit dans sa totalité mais aussi à échelle régionale.

Panneau de ligne de démarcation du Jura exposé au Musée de la Résistance et de la Déportation.

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UN SUPER ESCAPE GAME

Fort heureusement, on peut désormais venir à la Citadelle pour découvrir et s’amuser. Et pour faire vivre le monument, la direction de la Citadelle organise des visites théâtralisées (as-tu déjà eu envie de visiter la Citadelle avec Vauban en personne ?), des sessions photos au lever et coucher du soleil et un Escape game captivant sur le thème de l’affaire des poisons, la fameuse affaire dont je t’ai parlé plus haut. C’est top de lier le jeu à l’histoire du lieu, tu trouves pas ?
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L’escape game est ouvert d’avril à septembre et je te le conseille à 100% ! C’est génial de le faire en famille et entre amis, comme moi, accompagné de Cécile et Lucie du blog À la Conquête de l’Est, et de Hélène et Paule-Elise du blog 1916 kilomètres. Tu as une heure pour trouver un mystérieux carnet qui pourrait innocenter ou incriminer Madame de Montespan. Il nous aura fallu 53 minutes pour trouver le carnet si convoité. Une belle aventure !

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DES SESSIONS PHOTOS AU TOP !

Et comme je t’ai dit, on peut même participer à des sessions photos ! Lever du soleil ou coucher du soleil, à toi de choisir, libre à toi de découvrir les remparts et la ville au rythme du soleil ! J’ai eu la chance de participer à la session “lever du soleil” et c’est franchement une super occasion de profiter de la citadelle ! Uniquement l’été. Inscriptions sur le site de la citadelle.

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Franchement, elle est pas canon cette vue
de la lumière dorée du matin inondant
la vieille ville encore endormie ?
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Promenade matinale sur les remparts

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UN PANORAMA INÉDIT SUR LA VILLE

Outre son aspect historique,
la Citadelle n’en est pas moins un magnifique balcon sur la ville
offrant un superbe panorama sur le centre ancien
et le méandre du Doubs !
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C’est ici qu’on s’arrête,
sur ces vues verdoyantes des collines bisontines.
Alors, dis-moi, tu connais la Citadelle de Besançon ?
Tu aimerais la visiter ?

N’oublie pas de jeter un œil à mon article sur Besançon
pour ne rien manquer de cette jolie ville !

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Je voudrais remercier chaleureusement la Citadelle de Besançon pour leur accueil
et pour m’avoir permis de découvrir quelques lieux secrets, de participer à l’escape game et à la session photo.

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8 COMMENTAIRES

  1. Nous aussi à Villefranche-de-Conflent dans notre département, nous avons des fortifications de Vauban et quand je regarde tes photos, je leur trouve des similitudes. Au passage je trouve l’idée de l’escape game génial ! Ça fait revivre un monument tout en motivant les personnes à redécouvrir ses endroits souvent délaissés au profit d’autres plus modernes. Merci pour cette belle parenthèse comme toujours, parfaite !

    • Merci, t’es adorable 😊 C’est vrai que dans les différents monuments Vauban, on reconnaît tout de suite sa patte avec de nombreuses similitudes. Quant à celle de Villefranche-de-Conflent, j’ai toujours eu envie de la découvrir. Un jour j’espère 😉

  2. Bonjour ! Je dois avouer que je savais très peu de choses sur la citadelle de Besançon avant de lire ton article qui a d’ailleurs été très instructif sur le sujet. En tout cas, je te dis merci pour ce partage et j’ai l’intention de visiter ce lieu historique un de ces jours.

    • Bonjour Matt, merci pour ce commentaire, je suis ravi d’avoir pu t’apprendre des choses sur la citadelle. C’est un monument vraiment intéressant quand on se plonge dans son histoire, je te conseille vivement de le visiter et de visiter Besançon dont le centre historique mérite un détour 🙂

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