Quitter Paris au petit matin et rouler vers l’est sans se retourner.
Voir défiler le décor et fuir l’agitation, le bruit et la foule parisienne
pour partir sillonner les routes paisibles qui serpentent
au milieu des lacs et des paysages du Haut-Jura.
Quelques jours à l’air pur pour profiter d’une bouffée de nature.

Pour cette escapade jurassienne, cap sur Saint-Claude, une ville tapie à la confluence de deux rivières, au milieu des montagnes du Jura. Elle sera mon lieu de villégiature au cours de ces quelques jours dans le sud du département. Sa position relativement centrale au sein du Parc Naturel Régional du Haut-Jura la rend incontournable, on a vite fait de rayonner autour de la ville pour découvrir toutes les merveilles dont regorgent le sud du Jura. Dans ce premier article sur ma promenade jurassienne, je t’emmène sur la route avec moi, en direction de Saint-Claude. On va faire quelques arrêts en cours de route si ça ne te dérange pas.

En montant vers les reliefs du Haut-Jura, j’avais envie de m’arrêter au bord de quelques lacs rencontrés sur le chemin. J’avais bien prévu de te montrer les cascades magiques aussi, mais la sécheresse de l’été a tout asséché. Qu’à cela ne tienne, ça me donnera l’occasion de revenir ici, au milieu de ces paysages que j’aime tant.

Voilà quatre heures que je suis sur la route et j’arrive enfin à destination, me voici sur mes terres comtoises. Pour me défouler les jambes, je choisis le superbe lac de Chalain. Ce lac arbore une couleur turquoise absolument sublime qui donne envie d’y plonger sans attendre. Je préfère m’éloigner des plages et me lance sur le chemin qui longe les falaises surplombant le lac, la vue y est à tomber !

.

Grimper pour admirer l’étendue turquoise du lac de Chalain.

.

Je poursuis un peu plus au sud et, à hauteur de Clairvaux-les-Lacs,
décide de faire un grand détour et de longer le lac de Vouglans.

.

.

.

LE LAC DE VOUGLANS,
SERPENT D’EAU TURQUOISE

.

Le lac de Vouglans, c’est un géant d’eau au milieu du massif jurassien. Long de 35 km, sur presque 1 km de largeur, il est la troisième plus grande retenue d’eau de France. Le lac est né en 1968 à la suite de la construction du barrage sur l’Ain.

.

.

.

.

.

Tout au nord, à côté du grand pont qui s’élance entre les deux rives, se trouve l’île de la Pyle, une île minuscule seulement coiffée d’une touffe d’herbe et d’une poignée d’arbustes. Lors de mon passage, la sécheresse qui avait particulièrement touché les régions de l’est se faisait clairement voir : l’île était devenue presqu’île !

Le sol fait de sable et de cailloux donnait au lieu une ambiance particulière, un peu comme un endroit désolé qui, dénudé, attendait anxieusement le retour de l’eau.

.

.

.

.

.

Après quelques clichés, je reprends la route. De nombreux belvédères (plus ou moins faciles à trouver) ponctuent le parcours le long du lac. Idéal pour se rendre compte de la totale intégration de ce lac artificiel dans son environnement forestier et naturel. Par chance, le paysage n’est pas défiguré par les routes ou les ponts (hormis le pont de la Pyle, aucun pont ne traverse le lac), ni par les constructions ou l’urbanisation.

.

.

.

.

Certains lacs du Jura sont aménagés pour le tourisme avec plages et location de matériel de navigation. Le lac de Vouglans ne fait pas exception et on peut se baigner sur les différentes plages, dans les criques secrètes et louer différents types de bateaux ou kayaks pour découvrir le lac, sa belle eau turquoise et sa ceinture forestière.

Sache toutefois que la location de kayaks ou de bateau n’est possible qu’entre fin juin et début septembre.

.

.

.

.

DERNIERS DÉTOURS :
ENTRE LACS, PANORAMA
… & DINOSAURES

.

Avant de reprendre le chemin de Saint-Claude, je souhaite faire quelques détours. Promis, ça en vaut la peine ! Je prends d’abord la direction du lac d’Antre. Situé à quelques kilomètres du lac de Vouglans, le lac est paisiblement caché entre sa tourbière et la forêt. Pour avoir une jolie vue, un petit sentier forestier d’une dizaine de minutes te mène à un joli belvédère.

.

.

.

.

.

Je poursuis en direction du lac de Coiselet, juste en dessus du lac de Vouglans. Là, le lac se partage entre le Jura et le département de l’Ain. Là aussi, plusieurs belvédères te permettent d’avoir de jolies vues sur le lac mais ce jour-là, la route était barrée. Ce n’est que partie remise. J’ai tout de même pu profiter de la jolie route qui longe le lac et de quelques petites échappées sur les rives de l’Ain.

.

.

.

.

.

Pour être tout à fait honnête, si je tenais tant à descendre tout en bas, aux confins du département du Jura, c’était pour deux choses bien précises. La première la voici, c’est le Pic d’Oliferne. À cet emplacement se tenait une forteresse, le Château d’Oliferne, construite en 1230 et surveillait la frontière sud du Comté de Bourgogne, l’historique Franche-Comté. Détruit par Henri IV en 1592 lors des guerres de Franche-Comté, il n’en reste que quelques ruines. Quand on arrive là-haut, on comprend pourquoi le lieu était hautement stratégique : la vue y est dégagée à 360° et le panorama sur le lac de Coiselet.

.

.

Vue sur le lac de Coiselet depuis le Pic d’Oliferne.

.

.

.

Autre lieu d’intérêt que je voulais absolument voir, ce sont des traces de dinosaures. Pour voir ça, direction la commune de Coisia.

Voilà un des endroits les plus fascinants que je connaisse. Il y a 148 millions d’années, il y avait ici un climat tropical, la mer était peu profonde et la végétation luxuriante. Des troupeaux de dinosaures herbivores, proches du Diplodocus, circulaient ici et ont ainsi laissé leurs empreintes dans le sol humide et vaseux. Puis tout a été régulièrement recouvert de sédiments puis fossilisés. J’ai trouvé ça super émouvant d’avoir sous mes yeux des traces de dinosaures.

.

.

Traces de dinosaures fossilisées à Coisia, Jura.

.

.

Le site est gratuit, aménagé en bord de route (c’est d’ailleurs lors de travaux d’aménagement de la route que les traces ont été découvertes). Ce qui étonne, c’est que les traces se trouvent… à la verticale. Un panneau explique que “Il y a 20 millions d’années, la dérive des continents poussa la plaque africaine contre la plaque eurasienne. Les couches sédimentaires horizontales conservant les empreintes de dinosaures commencèrent à se plisser. Ce phénomène s’amplifia pour atteindre son maximum il y a 12 millions d’années. Le soulèvement des Alpes entraîna la formation définitive du Jura, avec ses plissements caractéristiques.”

Bon maintenant, fini les détours,
je file à Saint-Claude !

.

.

.

.

DIRECTION SAINT-CLAUDE

.

Après une bonne nuit de sommeil, me voilà prêt à découvrir Saint-Claude. Mon hôtel se trouve tout près d’une rue d’où la vue embrasse la ville de manière exceptionnelle ! On ne peut être que charmé par la situation de la ville, entourée par les reliefs du Jura : les falaises et les forêts surplombent la cité, formant presque une étreinte naturelle, de grands ponts se jettent entre les monts pour relier la vieille ville à ses quartiers plus modernes. En-dessous, dans le vide, le fond de la vallée et deux rivières qui confluent : la Bienne et le Tacon.

.

.

J’aime cette vision de Saint-Claude, au milieu des montagnes.

.

.

J’ai découvert Saint-Claude un dimanche, autant dire que tout était bien calme. Encore une fois, voilà une ville comtoise qui ne ressemble pas à ses voisines régionales, Saint-Claude a une identité et une atmosphère qui lui sont propres. J’ai aimé les maisons aux façades légèrement colorées, les remparts de la vieille ville, les églises et chapelles et les vieilles devantures de magasins en bois.

J’ai juste trouvé dommage que la ville ne soit pas mieux mise en valeur car il y a du potentiel. En ce sens, Saint-Claude peut sembler un peu déroutante au premier abord : comme une belle endormie, les bâtiments ne sont pas forcément entretenus et certains immeubles sont même laissés à l’abandon, désertés. Mais ce côté un peu vintage, au lieu de la rendre déprimante, lui donne un charme particulier. Personnellement, j’ai beaucoup aimé me promener dans ses rues en pentes, découvrir ses places, ses escaliers, ses passages. Il faut laisser une chance à Saint-Claude de te séduire.

.

.

.

.

Il faut aussi que je te parle un peu des spécialités de Saint-Claude, non pas gastronomiques mais artisanales. Saint-Claude est la capitale française de la pipe. La production de pipes bois par des artisans se fait depuis plusieurs générations et a fait la réputation de la ville. Mais la ville est également connue pour un autre titre : la capitale française du diamant. Oui, tu as bien lu, il y a ici une longue tradition de taille de diamants, au milieu des montagnes du Jura. Les lapidaires sont encore nombreux dans la région. Fascinant, non, ?

.

.

.

.

.

Il y a quelque chose de fantastique à Saint-Claude, c’est la proximité immédiate de la nature, à portée de main. Des sentiers de randonnées partent du cœur de la cité et te mènent dans les montagnes vers des belvédères vertigineux et des cascades.

Les gens qui viennent à Saint-Claude ont tendance à la considérer uniquement comme l’endroit où dormir, partant explorer le Haut-Jura sans prendre la peine de découvrir ses nombreux atouts.

.

.

.

.

J’ai bien essayé de voir ces fameuses cascades, mais à cause de la sécheresse, il n’y avait qu’un mince filet d’eau. Je ne vais donc pas te les montrer et vais plutôt t’emmener vers un lieu qui porte un nom peu engageant mais qui vaut tout de même la peine : le Crêt Pourri.

.

.

.

.

MONTER AU CRÊT POURRI

Culminant à 1029 mètres, le Crêt Pourri est une petite excursion à faire quand tu es à Saint-Claude, il te faut quelques minutes en voiture pour y accéder. Enfin, pour accéder au début du sentier qui te permet d’aller jusqu’en haut. En soit, le dénivelé n’est que de 100 mètres. Le petit hic, c’est qu’au lieu d’être en lacet, le sentier monte tout droit, à flanc de montagne, sur une distance de… 200 mètres. Tu en as pour une vingtaine de minutes, pas plus, mais tu les sens passer.

Toutefois, je dois bien l’avouer, une fois arrivé en haut, tu oublies à quel point tu as craché tes poumons car la vue est vraiment magnifique ! Après tout, qu’est-ce que vingt minutes quand tu as devant toi un panorama pareil ?

.

.

Alors, le Crêt Pourri,
pas si pourri que ça, tu ne trouves pas ?

.

.

.

Sur la route, belvédère sur le lac de Vouglans.

.

Ce petit périple jurassien, ça t’a plu ?
Ne t’arrête pas en si bon chemin,
laisse-moi te montrer davantage du Haut-Jura :
une promenade autour de lacs et une virée bucolique à tomber !

.

.

22 COMMENTAIRES

  1. Merci pour cet article, il est hyper intéressant et j’ai appris beaucoup de choses. Je suis allé à Saint Claude mais je ne savais pas qu’ils étaient aussi spécialisés dans les diamants, car pour les pipes je savais. Tes photos sont très belles également, bravo.

  2. Ils sont beaux tes articles, Alex. 😊 Et tes photos aussi, sont belles !

    Tu sais que… Je crois que je n’ai jamais été dans le Jura pendant l’été. Ou, en tout cas, quand il faisait beau… Haha. Le Jura, je le connais sous la neige surtout.
    Mais que c’est beaaaaau ! Tu me fais redécouvrir cet endroit. Merci !

  3. Le lac de Vouglans, Saint Claude, le crêt Pourri.. le Haut-Jura et cette belle découverte que tu nous décris de façon très poétique de par tes textes et tes photos si immergeantes. Merci pour cette belle découverte, on lira la suite avec grand plaisir !

  4. Tu sais toujours nous donner envie de partir découvrir tout ça ! J’ai beaucoup aimé les traces de pas de Petit Pied ! 😄
    Et le Crêt Pourri, mais quel drôle de nom ?

    • Merci 😊
      J’avoue qu’on s’attend pas à trouve ça ici mais ça fait son petit effet, dire que des diplodocus sont passés par là ^^
      Oui j’ai jamais su pourquoi il s’appelait comme ça 🙂

  5. J’aime comme tu prends le temps de vraiment découvrir les endroits où tu vas. J’avoue ne pas vraiment être tombée sous le charme de Saint-Claude, mais j’ai beaucoup aimé sa composition atypique, toute en marge d’escalier autour du cours d’eau.
    Je n’ai vu aucun des belvédères que tu décris, mais toutes ces très belles photos de lacs turquoises me donnent envie de remédier à ça !
    C’est quand que sort le prochain article sur le Jura ? Hâte d’en voir plus ! 😀

    • C’est vrai que Saint-Claude est un peu particulière, j’ai trouvé dommage qu’elle ne soit pas davantage mise en valeur.
      Le prochain article devrait sortir début janvier ^^
      Merci Julie de ton passage ici 🙂

  6. Comme toujours, je suis convaincue, conquise, enchantée. C’est magnifique. Tu m’as fait aimer ta région, d’article en article. Un de ces jours, j’irai la vivre en vrai. Merci d’ouvrir mes horizons.

  7. Nanaaaan, on peut y voir des traces de pas de dinosaures ????? Mais c’est juste fou !! Le Jura me fait de l’oeil, ça a l’air magnifique, et ton récit et tes photos me donnent plus qu’envie d’y aller !!! Des grands lacs aux couleurs bleues et vertes hallucinantes (on se croirait presque au Canada sur certaines des tes photos), Saint-Claude a l’air très belle aussi… J’ai des copains qui en reviennent demain… Je crois qu’ils ont adoré aussi ! Il est superbe ton article, je cours lire la suite….

Qu'en pensez-vous ? Laissez un commentaire :)