Rien que son nom est source d’émerveillement.
Depuis qu’Indiana Jones y a cherché un trésor perdu,
Petra est un appel aux voyageurs que nous sommes.
Récit d’une journée dans la ville millénaire.

fioriture

Il y a des lieux qui marquent l’esprit, qui forgent un imaginaire de voyageur, des endroits qui dès notre enfance nous donne envie de prendre un baluchon, des petites chaussures confortables et d’aller explorer, tel un aventurier en herbe, les contrées lointaines. Il y a très peu de sites dans le monde qui, dès mon plus jeune âge, m’ont complètement fascinés et faisaient naître des milliers d’étoiles dans les yeux : il y a les pyramides des Gizeh, Machu Picchu au Pérou et, bien sûr, l’inévitable Petra.

On en entend parler toute notre vie durant, on les imagine d’une manière ou d’une autre, on se les représente comme des monuments grandioses, des prouesses architecturales et des trésors du patrimoine humain. On les voit partout, des films aux livres d’histoire, des prospectus de vacances aux magazines de voyages et pourtant on les croirait presque inaccessibles et tout droit sortis de l’imagination d’un réalisateur de film d’aventures hollywoodien. Et finalement, un jour, on y est, on est là, devant eux. C’est tellement surréaliste de les voir enfin en vrai qu’on y croit à peine. Rencontrer le Khazneh, le monument le plus connu de Petra, m’a fait le même effet que ma première rencontre avec les pyramides. J’avais du mal à me dire que j’y étais enfin et que mes pieds foulaient enfin le sol tant espéré de Petra.

Mais pour avoir l’honneur d’une telle rencontre, pour avoir un contact intime et complice avec cette cité longtemps perdue, j’ai dû me lever tôt et être le premier à passer les portes du guichet. Je n’étais peut-être pas le premier mais je n’ai croisé personne.

Le soleil se levait timidement, le ciel avait encore sa teinte blanche de la journée fraîchement commencée. Je m’avance sur le chemin menant au site, on me propose un cheval, un âne un dromadaire : “c’est inclus dans le prix du billet” (non, ça ne l’est pas – ils vous font payer à l’arrivée). Je préfère marcher, être seul pour ne rien perdre de chaque émotion que je ressentirai. Autour de moi, le silence est roi. Seul le bruit des graviers sous mes pas semble perturber le réveil de la vallée.

Après avoir marché 10 minutes depuis l’entrée du site, j’arrive au Siq, le petit passage étroit entre deux falaises qui marque véritablement l’entrée dans Petra. J’emprunte ce long couloir, environ 15 minutes de marche, mes pas résonnent entre la roche, j’entends des voix mais n’arrive pas à distinguer leur provenance. Devant moi surgissent deux Bédouins qui rejoignent l’entrée du site, ils me saluent timidement. Soudain, je le vois, je l’aperçois, il est là, au bout du passage. Le Khazneh, ce splendide monument qui a fait la renommée de Petra.

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Je suis ému et je l’ai rien que pour moi. Je ne m’attendais pas à l’avoir dès mon entrée sur le site, je le pensais perdu au milieu de Petra, bien caché il est au contraire le premier à être vu un fois entré sur le site. En dehors du Khazneh, j’avoue mon ignorance, je ne savais absolument à quoi ressemblait le site de Petra. Je m’imaginais naïvement toute une ville creusée dans la roche à l’image de cette sublime façade. Petra est en réalité beaucoup plus variée et plus complexe.

On dirait que les architectures de plusieurs époques se succèdent et se côtoient : les façades dans la roche venant de l’époque des Nabatéens, une colonnade et un temple romain, une église byzantine avec quelques mosaïques… C’est fascinant de voir les couches successives de l’Histoire se superposer les unes sur les autres comme un tableau d’affichage duquel on enlève jamais les anciennes affiches mais qu’on les empile au fur et à mesure.

Une fois le Khazneh derrière nous, on débarque sur la rue des façades, faite de maisons et de tombes, toutes creusées dans la roche.

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Le plus surprenant, c’est cette roche typique de Petra, une roche aux teintes rouges et aux sublimes dégradés, elle donne aux façades une allure unique. Les maisons sont sommaires mais fascinantes. Un peu plus loin, de magnifiques façades creusées dans la roche se dressent fièrement. Ce sont les tombes des rois nabatéens.

Le site de Petra est très étendu. Si l’envie vous prend de marcher, le site regorge de plusieurs sentiers de randonnées indiqués sur la brochure distribuée à l’entrée de Petra. Certains lieux de visite sont un peu éloignés de l’entrée principale et nécessitent plus de temps, c’est pourquoi vous pouvez acheter un billet une, deux ou trois journées à Petra. Le sentier le plus connu et le plus emblématique de Petra est celui qui mène au monastère, le deir.

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MARCHER JUSQU’AU MONASTÈRE

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Je croise des Bédouins qui insistent pour que je prenne un de leur dromadaire, âne ou cheval pour me rendre au monastère. J’ai beau répondre que je préfère marcher ils insistent encore plus arguant que c’est très loin, très difficile et qu’il faut compter environ 2 heures de marche. Je regarde mes notes, il y est inscrit 45 minutes. Après un petit moment de doute, je clos la conversation poliment en assurant vouloir m’y rendre à pied. Ils repartent en grommelant.

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Par précaution, je demande à des randonneurs revenant du monastère le temps qu’ils ont mis : “45 minutes“. Monter jusque là-haut est tout de même très physique. Depuis la partie basse de Petra, on y accède en grimpant les 800 marches d’un escalier taillé dans la roche. On a que peu de répit et la chaleur n’arrange rien. Pendant un moment, je me demande si je n’ai pas surestimé mes forces. Toutefois, ce qui est rassurant, c’est de voir que tous les touristes arrivant au sommet sont dans le même état que moi. C’est en effet très physique mais ça en vaut vraiment la peine et les différents points de vue sont juste magnifiques. Arrivé au sommet, le monastère se dresse devant moi, presque insensible à nos efforts pour le rencontrer.

Pour admirer la vue et se reposer un peu, un petit café bédouin est installé juste en face et propose des boissons fraîches et des en-cas. L’endroit est paisible et les touristes arrivent petit à petit. Si vous souhaitez éviter l’effort, vous pouvez monter à dos d’âne. Juste une petite précision, n’acceptez pas un dromadaire pour rejoindre le monastère : les dromadaires ne montant pas les escaliers, les Bédouins vous feront juste avancer d’une centaine de mètres avant de vous laisser au pied des escaliers. Il faudrait alors prendre un âne et vous seriez obligé de payer le propriétaire du dromadaire et celui de l’âne. Autant prendre un âne dès le départ…

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Le monastère (deir), l’autre perle de Petra.

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Il faudra en effet une quarantaine de minutes à un rythme normal, j’entends pas là faire des pauses régulières, à l’ombre de préférence, et prendre quelques minutes pour s’en vouloir de ne pas avoir repris l’abonnement à la salle de sport. En tout cas, n’oubliez pas de prendre de l’eau et de boire régulièrement car il peut faire chaud. Tout de même, je ne regrette pas d’avoir fait ce chemin à pied, c’est plus simple pour s’arrêter faire des photos et disons que ça fait partie du folklore : cette montée, c’est un des must de Petra et, croyez-moi, vous vous en souviendrez longtemps 🙂

Étant arrivé dès l’ouverture du site, à 6 heures du matin, je suis très vite arrivé au début du sentier pour rejoindre le monastère et tant mieux car je voulais éviter la chaleur du soleil au zénith pour la montée. Pensez-y, essayez d’y aller tôt le matin, vous aurez d’autant plus de temps pour visiter une bonne partie du site le reste de la journée. En une journée complète, on peut en visiter déjà beaucoup. Comptez en tout cas, une bonne journée pour visiter le principal de Petra et peut-être une ou deux journées supplémentaires si vous souhaitez faire d’autres belles randonnées et atteindre des points intéressants du site plus excentrés.

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Il n’y a qu’un seul accès à Petra,
pour sortie il faut donc retourner jusqu’à l’entrée !

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DORMIR À PETRA

Vu que c’est le site le plus touristique du pays,
les moyens de transports ne manquent pas.
Depuis Amman, Aqaba, la Mer Morte ou le Wadi Rum,
demandez à votre hôtel les hébergements.

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On ne peut pas dormir sur le site de Petra. Seuls quelques Bédouins y sont autorisés mais le camping sauvage y est strictement interdit.

Petra se trouve dans la ville de Wadi Musa. Étant donné l’attrait touristique majeur de son site archéologique, la ville est très bien équipée en hôtels et restaurants, des hôtels de luxe aux hôtels budget.

J’avais choisi le Al Rashid Hotel. L’hôtel était propre, les lits confortables et le personnel sympathique. Sur la carte, il ne semblait pas très loin du site mais en réalité, après une longue journée de marche, il m’a fallu marcher et marcher encore sur la route en forte pente pour rejoindre l’hôtel (j’en avais tellement plein les pattes que ça m’a paru une éternité).

Si vous souhaitez vous rendre au Wadi Rum le lendemain, demandez à la réception de l’hôtel de vous réserver la navette. Le minibus passe vers 6 heures du matin devant l’hôtel.

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Petra, ça vous tente ?

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10 COMMENTAIRES

  1. Tes photos sont magnifiques !!! Petra est aussi un rêve d’enfant, moi qui voulait “devenir Archéologue quand je serai grande”. Les 800 marches, waouh ! Je pense que je me serai faite avoir comme une bleue et que j’aurais céder à la tentation de visiter à cheval, du coup, ton article nous met bien en garde, nous, potentiels futur explorateurs de Petra ! Merci pour ce bel article 🙂

    • Merci, ça me fait plaisir !
      En fait, les 45 minutes de marche on les sent passer ^^ j’ai cru que j’allais jamais y arriver. Ce qui me donnait des forces c’est de voir ceux qui redescendaient et qui me disaient “allez, plus que 20 minutes, courage” ! Quand je croisais des touristes à dos d’âne, j’avais mal pour l’âne qui devait monter les escaliers avec les touristes sur le dos, jamais assez vite d’après les guides bédouins ! Et, ils ne leur donnaient pas d’eau une fois arrivés au sommet !!! Du coup, j’étais content de ne pas avoir fait souffrir le pauvre animal qui aurait croulé sous mes kilos de baklavas et de falafels engloutis la veille 🙂
      J’ai également eu cette période où, passionné par les pyramides et l’Egypte, je voulais être archéologue 🙂

  2. Voilà une destination qui me fait rêver depuis très lgtps !!!!!! Je rêve de découvrir Petra et le désert de Wadi Rum ! J’essaye de motiver mes potes de grimpe depuis plusieurs années mais ils sont un peu frileux à cause du contexte et pays limitrophes pas sûrs. J’ai cru lire que les coins touristiques sont assez sûrs! Je les aurai à l’usure 😀 !!!! Ton reportage est magnifique et j’imagine bien ton émotion en découvrant la belle Petra… Superbe article !!!!

    • Merci petite lykorne 🙂
      Je te le conseille vraiment, c’est vraiment magique et le Wadi Rum, oh la la, toi qui aime les gros glaçons et les ours polaires, tu vas quand même adorer ^^
      C’est vrai que le contexte est tendu mais la Jordanie reste un pays stable et où il fait encore bon voyager. Je me suis toujours senti bien et en sécurité partout où je suis allé. Même Amman.
      Ne lâche pas, ils finiront bien par te dire “bon t’as gagné, on y va” ^^

  3. Ton récit m’a passionnée. J’ai vu beaucoup de photos du Khazneh, bien sûr, mais je n’avais jamais vu les autres photos, le chemin menant vers le monastère, jamais compris l’organisation de la ville. Tu m’as beaucoup appris et permis de mieux imaginer la visite à Petra. J’adore la beauté de tes photos. Quelles vues incroyables… merci pour cet avant goût fabuleux !

    • Merci Alexandra. C’est un endroit très vaste, beaucoup plus que je ne l’imaginais ! Je te souhaite d’y aller car c’est un lieu vraiment magnifique !

  4. Et bien si Petra a été une perle à tes yeux, présentement ton blog en un pour les miens.

    Encore merci pour tous tes partages qui me confortent dans mes envies d’explorer ces contrées merveilleuses.

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