La Réserve de Dana

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Après trois jours à arpenter la capitale et à sillonner les routes jordaniennes, un peu de repos est tout ce dont j’avais besoin. Un endroit calme où faire une petite pause avant d’enchaîner vers le sud. La réserve de Dana, perdue dans les montagnes est l’endroit idéal pour se ressourcer. Allez, allons-y !

fioriture

Réserve de Dana, Jordanie

Je laisse derrière moi Amman et les ruines de la ville romaine de Jérash. Je laisse également les superbes châteaux du désert qui m’ont fascinés ainsi que la Mer Morte et ses formations de sel. Désormais, je fais route vers le sud en direction de Pétra, la magnifique cité nabatéenne, véritable perle de Jordanie. Mais un peu de patience. Avant d’arriver à Pétra, je décide de faire un petit détour par Dana, son village et sa réserve naturelle.

La Jordanie est probablement le seul pays au Moyen-Orient à déployer autant d’énergie et de ressources pour la protection et la préservation de son patrimoine biologique si diversifié. De nombreux parcs et réserves naturelles existent sur tout le territoire où les espèces animales sont protégées et parfois réintégrées (notamment l’Oryx d’Arabie dans le nord du pays). Le royaume a compris l’importance de préserver la faune et la flore faisant la diversité de son territoire ainsi que le protection des sites naturels les plus remarquables.

La réserve de Dana fait partie de ces parcs naturels regroupés sous l’égide de RSCN (Royal Society For the Conservation of Nature) et elle est une des plus belles réserves. Les activités les plus courantes sont la randonnée et l’observation de la faune. D’ailleurs, quand on vient visiter la réserve pour se reposer ou pour faire de la randonnée, le point de chute est généralement le petit village oublié de Dana. En arrivant depuis la Route du Roi, on arrive au village par les sommets. Devant vous, une vue plongeante admirable sur le village flanqué à bord de falaise et la réserve à ses pieds.
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DANA, LE VILLAGE ABANDONNÉ

Après avoir suivi pendant plus d’une vingtaine de minutes le poussiéreux chemin de graviers, au milieu de la nature, reliant Tafilah à Dana, j’arrive enfin dans le petit village. En ce milieu d’après-midi, l’ambiance y était calme et sereine. La petite mosquée trône au milieu du village et capte toute l’attention des ouvriers égyptiens, à pied d’oeuvre. Seules le bruit de leurs outils et leurs voix viennent rompre ce silence.Les ouvriers sont venus travailler pour la restauration du village, à l’identique. Les pierres des maisons détruites sont réutilisées pour redonner au village son aspect d’origine.

A la base, ce petit village construit sous l’Empire Ottoman et vieux de 500 ans a été peu à peu abandonné par ses occupants. Quand le royaume de Jordanie a décidé de créer une réserve naturelle à Dana, elle a poussé ses derniers occupants à quitter les lieux. Depuis quelques années, l’administration fait chemin inverse et tente d’attirer à nouveaux petits commerçants, coiffeurs et barbiers afin de faire revivre le village qui est vite devenu un lieu touristique pour tous ceux qui viennent visiter la réserve.

 

Village de Dana, Jordanie

Village de Dana, Jordanie

Clairement, ce qui est exceptionnel dans ce petit village, c’est sa situation géographique : au bord d’une vallée magnifique avec une vue incroyable. Je suis vraiment sous le charme, je me promène dans les ruelles, je m’imprègne du silence et c’est un bonheur de venir s’y détendre. Les touristes viennent ici pour visiter la réserve mais aussi pour profiter d’un véritable coin au calme pour se reposer. En fin d’après-midi, je me laisse tenter. Je m’assieds face à la vallée et j’observe le soleil décliner lentement. Distraitement, je tourne les pages de mon bouquin alors qu’à quelques mètres de moi, un berger ramène son troupeau de chèvres.
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RANDONNÉE DANS LA RÉSERVE.

De bonne heure, un petit déjeuner léger dans le ventre, je prends le chemin qui sort du village et descend dans la vallée. La lumière dorée du soleil illumine déjà les roches jaunes et rouges. Après une dizaine de minutes de marche, trois chiens se mettent à aboyer sans discontinuer. En effet, un troupeau de chèvres est en train de prendre son petit déjeuner quelques mètres plus bas. Le berger, lui, étalé sur une pierre, ne daigne pas leur dire de se calmer. Je n’ai pas peur des chiens mais je n’aime pas quand ils m’aboient. Je décide de poursuivre mon chemin et de traverser le troupeau.

Le chemin n’est pas vraiment balisé, je me contente de suivre le petit sentier de graviers blancs qui descend dans la vallée. Le silence m’entoure et me fait un bien fou. J’aime visiter des villes, des monuments touristiques où à coup sûr le foule se presse mais j’apprécie tellement un peu de solitude, de tranquillité et silence. Comme un isolement temporaire. J’adore les grands espaces, les réserves naturelles, j’aime la sérénité qui s’en dégage.

Au centre de la réserve se trouve le Feynan Ecolodge, un établissement à la fois hôtel, restaurant, refuge pour randonneurs et observatoire de la faune. Depuis le village, il faut environ 6 heures de marche pour l’atteindre. D’ailleurs, il y a de nombreux sentiers de randonnées dans la réserve et il est fortement conseillé de faire appel à un guide car la réserve est la plus grande de Jordanie et, quand le soleil tape et qu’on a pas beaucoup d’eau, ça peut vite devenir dangereux.

Au bout de trois heures de marche, je remarque que mon stock d’eau descend méchamment. Désormais, mon objectif n’est plus d’atteindre l’Ecolodge car il me faudrait refaire 6 heures de marche pour revenir dormir au village (12 heures de randonnée dans la même journée, c’est un peu trop pour moi). Je fais demi tour pour retourner à Dana mais le soleil est déjà haut et l’ombre a pratiquement disparu.

Perché au sommet de la montagne, le village me nargue. La pente pour le rejoindre, relativement aisée en descendant, est vraiment plus ardue en montant. Peut-être la chaleur, le fait que j’économise mon eau et ne prends que de petites gorgées, mais j’ai l’impression que mes jambes ne peuvent plus me porter. Je suis essoufflé et je n’ai plus aucun point d’ombre pour reprendre mes forces. Il me faudra plus d’une heure à ce rythme pour remonter jusqu’au village qui semblait pourtant sans cesse reculer et s’éloigner à mesure que j’avançais.
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VENIR À DANA.

Pour venir à Dana, le mieux est soit d’avoir une voiture personnelle soit d’être accompagné par un guide. Situé à quelques kilomètres de Tafilah, la petite agglomération la plus proche, aucun transport en commun ne dessert le village.

Toutefois, si vous séjournez au Dana Tower Hotel, la réception peut vous envoyer un minibus à Amman moyennant un billet de 5JD. C’est probablement la meilleure option. Sinon, c’est le taxi.

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