On a marché sur le désert du Négev

2

Si le nord d’Israël est recouvert de champs verdoyants et fleuris au printemps, le sud du pays reste comme figé dans sa teinte blanche et dorée tout au long de l’année. A quelques heures de route de Jérusalem, le désert du Néguev s’étend à perte de vue jusqu’à la Mer Rouge. Comme tout désert, ne sous estimez pas sa diversité. 

fioriture

Désert du NéguevOn aurait tendance à penser qu’un désert n’est qu’une monotone étendue de sable ou de pierres et que les couleurs y sont insipides. Tout ceux qui ont visité un jour un désert savent que c’est tout sauf insipide et monotone. D’ailleurs chaque désert a sa propre identité : il peut être une mer de dunes orangées, de dunes blanches, une forêt de montagnes et de roches aux formes surréalistes… Le désert du Néguev vous fait voyager dans des paysages presque lunaires. Des montagnes blanches, du sable noir, des cratères, des étendues plates sans fin, des tâches de sable foncé, clair, orangé… Et au milieu du désert, des oasis, des petites vallées feuillues et des points d’eau.

Pour rejoindre le Néguev, nous prenons le bus à Jérusalem en direction de Be’er-Sheva, ville à deux heures au sud de Jérusalem. On la considère comme la capitale du Néguev : elle est la dernière grande ville avant le désert et un croisement de différentes routes vers le sud.

Désert du Négev

A la gare routière de Be’er-Sheva, nous prenons une correspondance, un autre bus se rendant vers le sud. Notre découverte du désert du Néguev se fera en quatre étapes : le kibbutz de Sde Boker, l’oasis d’Ein Avdat, les ruines nabatéennes d’Ovdat pour terminer à Mitzpe Ramon et son incroyable cratère.

Une fois à bord, on se laisse tomber sur les sièges confortables. On profite de la climatisation alors que dehors, la chaleur nous assommait. On roule depuis quelques minutes et les habitations se font de plus en plus rares puis, finalement, laissent place au néant. Le long de la route on voit des tentes bédouines, des dromadaires et des chevaux. En Israël aussi il y a des familles bédouines mais elles sont installées aux abords des villes et non en plein désert comme en Jordanie. Au bout d’une vingtaine de minutes de route, le bus marque un arrêt à Sde Boker.

SDE BOKER, L’UNIVERSITE DU DESERT

Sde Boker

Sde Boker

Sde Boker

Ca peut sembler étrange et pourtant, Sde Boker abrite l’Université du Néguev ou Université Ben Gurion. D’ailleurs, il faut faire une petite précision : à la base, Sde Boker est un kibboutz, c’est-à-dire un village ou une communauté créé par quelques membres qui décident de s’installer sur un terrain inoccupé. Ses membres étaient à l’origine des travailleurs de la terre qui rendaient vivable et fertile l’endroit qu’ils occupaient. Sans atteindre des dimensions de centres urbains, les kibboutz se sont un petit peu agrandis.

Dans tous les kibboutz, une large part est laissée au travail de la terre et la culture de fruits et légumes (oranges, bananes, citrons…) et à l’élevage. Si au départ ils n’étaient accessible qu’aux résidents et que la communauté se suffisait à elle-même, certains possèdent parfois un type d’installation hôtelière. Sde Boker, situé sur un endroit sec, désertique et difficile est devenu un kibboutz. A 6 kilomètres au sud est situé une autre partie de Sde Boker, appelée Midreshet Ben Gurion. Il s’agit en fait du campus universitaire.

Sde Boker

Sde Boker

Touristiquement parlant, c’est vraiment le campus universitaire qui est intéressant. C’est un excellent point de départ pour la visite de l’oasis de Ein Avdat, des ruines nabatéennes de Ovdat et c’est de là que partent de nombreuses pistes de randonnées. C’est d’ailleurs une randonnée qui nous attend demain. Nous arrivons en fin d’après-midi sur le campus où nous attend un couchsurfer qui nous hébergera pendant deux nuits.

On se promène en essayant de trouver nos marques. C’est un campus nouvelle génération : les étudiants ont leur propre logement. Ce sont des logements écologiques et garanti énergie renouvelable. On se sent tout de suite à l’aise dans cet endroit et je me dis que j’aurais bien aimé avoir ce type de logement pendant mes années de fac plutôt qu’un misérable studio glauque pour un prix exorbitant.

Le soir, la température est beaucoup plus douce et plus agréable. Les collines ou montagnes sont teintées de la lumière orangée du soleil couchant, on entend les oiseaux, on voit des bouquetins gravir les roches.

Sde Boker

randonnée à Sde Boker

En Israël, les sentiers de randonnées sont très bien balisés et il y en a partout, dans tout le pays. Depuis le campus, nous suivons le chemin serpentant dans la vallée et se rendant à Ein Avdat. Ce parc national protégé est une très belle oasis. Il nous faut compter environ 1 heure pour atteindre l’entrée du parc. Là, des gardiens nous donnent un plan sur la réserve avec les différents sentiers à suivre.
.

MARCHER JUSQU’À EIN AVDAT

marcher jusqu'à Ein Avdat

Ein Avdat

Ein Avdat

Ein Avdat

Ein Avdat

Ein Avdat

Ein Avdat

Ein Avdat

Ca fait du bien de voir de l’eau et de la verdure. Autour de nous, les oiseaux piaillent et s’envolent allègrement. On s’assied à l’ombre pour manger une pomme et se reposer les jambes. Elles nous soutiennent depuis le début de ce voyage et on oublie trop souvent de les ménager un peu. A l’ombre des arbres, sentant la petite brise qui effleure les cuisses, nos jambes semblent nous dire « ah ben enfin ! »…

On ne croise personne, absolument personne. On a l’impression d’être les seuls habitants du monde. Nos pas résonnent, nos voix trouvent un écho mais rien d’autre. Seuls les oiseaux semblent nous accompagner.

Au bout du sentier, des échelles incrustées dans la roche nous emmènent au sommet afin de jouir de la magnifique vue sur la vallée et, au loin, sur Sde Boker. On s’appuie quelques instants sur les balustrades et on poursuit le chemin jusqu’aux ruines d’Ovdat.
.

OVDAT, DES RUINES AU MILIEU DU DESERT

Sur le chemin d'Ovdat

Ovdat

Une fois arrivés au sommet, plus de montagne en vue, tout est plat et l’horizon se dévoile devant nous. Quand on fait de la randonnée, évoluer dans un environnement totalement plat et sans point de repère donne une impression de faire du surplace. Du haut de la réserve de Ein Avdat nous marchons environ 1 heures avant d’arriver aux ruines. Au départ, nous sommes seuls, perdus au milieu de nulle part, suivant le chemin balisé de randonnée. Puis nous nous rapprochons de la route et atteignons une station service. C’est là que se trouve le chemin pour monter jusqu’aux ruines.

Avdat

Ruines d'Ovdat

Ruines d'Avdat

Les Nabatéens, à qui l’on doit la merveilleuse cité de Pétra en Jordanie, étaient un peuple commerçant. Ils ont construit la ville d’ Avdat (ou Ovdat) sur la route entre Gaza, qui était un port important et un point de passage de caravanes, et la cité de Pétra. Avdat était alors une sorte de halte sur la route caravanière de l’encens et des épices.

La petite ville occupe également un point stratégique car du haut de sa colline, elle surplombe toute la vallée et surveillait les caravanes qui passaient. Partiellement détruite, elle laisse tout de même un aperçu de ce qu’elle pouvait être avec sa grande cour, sa grande pièce aux colonnes, ses petits palais…

Nous redescendons tranquillement et tentons de prendre le bus, sans succès, pour se rendre à Mitzpe Ramon, plus au sud. C’est là que nous devons passer la nuit. Les bus ne passant pas, nous passons au plan B : le stop. Au bout de quelques minutes, un petit monsieur parlant quelques mots d’anglais s’arrête sur le bas côté et nous emmène. Nous arrivons à Mitzpe Ramon avant le coucher du soleil.
.

MITZPE RAMON, LE CRATERE DU NEGEV

Mitzpe Ramon

Le grand cratère de Mitzpe Ramon

Mitzpe Ramon

Mitzpe Ramon est probablement le lieu en Israël qui m’a le plus surpris et le plus marqué. J’avais lu dans plusieurs guides qu’à Mitzpe Ramon se trouvait le grand cratère. Sans vraiment à quoi m’attendre, les explications avaient fini par me convaincre d’aller jeter un œil. Après tout, Sde Boker n’était pas si loin…

Le conducteur qui nous a pris en stop nous demande où on veut aller. Voyant qu’on y connaissait rien, il propose de nous laisser au cratère. Excellente idée ! Nous nous avançons sur le petit ponton en bois accroché au dessus du vide. Là, devant nous, et sous nos pieds, un énorme cratère. Je ne saurais réellement exprimer avec des mots ce qui se passe dans ma tête au moment où, en m’avançant, je vois le décor se dévoiler petit à petit devant mes yeux ébahis.

Une impression d’être minuscule face à la nature m’envahit. A y regarder, c’est comme si l’astéroïde qui avait causé la perte des dinosaures s’était écrasé là, à cet endroit même où nous nous trouvions. C’était pas possible autrement, un creux aussi immense ne pouvait être que la cause d’un événement de ce type ! Et pourtant, c’est la nature, encore une fois, qui a fait des miracles !! Malheureusement, les photos ne sauraient rendre parfaitement le visuel original.

Mitzpe Ramon

Après une nuit chez des couchsurfers, on se lance à l’assaut du cratère. On nous dit qu’un sentier de randonnée descend jusqu’en bas et rejoint ensuite la route. Parés de 3 grandes bouteilles d’eau chacun, nous empruntons un petit chemin slalomant entre les rochers, zigzaguant jusqu’au fond du cratère. Encore une fois, l’impression d’être seul au monde, encore plus dans ce décor improbable, s’empare de nous.

Arrivés en bas nous suivons les balises de randonnées. La couleur du sol change, nous passons des cailloux jaunes aux noirs puis à une roche un peu rosée… Environ 2 heures plus tard, nous arrivons près de la route. D’un côté, le sud, de l’autre, le retour à Mitzpe Ramon puis Sde Boker. Mais pour y arriver il va falloir remonter tout ce qu’on a descendu. En face de nous, les parois du cratère forment un mur qui, sous la chaleur écrasante, nous semble difficile à franchir. On se regarde du coin de l’œil et, sans dire mot, on se comprend : on va faire du stop. Quelques minutes plus tard, un poids lourd ralentit et nous montons. C’est la première fois que je monte à l’avant d’un camion !

Dans le cratère de Mitzpe Ramon

Dans le cratère de Mitzpe Ramon

Dans le cratère de Mitzpe Ramon

Dans le cratère de Mitzpe Ramon

Sortir du cratère de Mitzpe Ramon

Route dans le désert du Néguev

Nous retrouvons Sde Boker. Nous nous aventurons encore un peu dans ce décor incroyable avant la nuit. Le lendemain, nous repartons pour Be’er Sheva pour rejoindre ensuite la Mer Morte.

2 COMMENTAIRES

  1. Salut Alex! Super post! Je vois que nous partageons le même émerveillement pour les désert: ces étendues d’apparence hostiles, et pourtant qui savent y cacher la vie quand on sait la trouver à un coin d’ombre ou sous une pierre. De loin le désert le plus fascinant que j’ai eu à voir est celui du Namib en Namibie: avec sa couleur rouge unique et ses activités aventureuses notamment le quad qui était mémorable dans cette immensité de sable, Il est à découvrir d’urgence! Sneak peek sur mon blog http://www.jemefaislamalle.com/quad-dunes-swakopmund-namibie/

    • Salut Yann, oui les déserts sont vraiment des endroits que j’aime visiter, partout ! Le désert de Namibie me fascine et fait vraiment partie des endroits que j’aimerais visiter… On discutera de la Namibie quand on se verra le mois prochain 😉

Laisser un commentaire