Aujourd’hui, on va parler d’un désert,
mais pas n’importe lequel : le désert du Negev !
Le désert biblique, un désert magnifique
qui saura vraiment vous surprendre !

fioriture

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Si le nord d’Israël est recouvert de champs verdoyants et fleuris au printemps, le sud du pays reste comme figé dans sa teinte blanche et dorée tout au long de l’année. En fait, on aurait tendance à penser qu’un désert n’est qu’une monotone étendue de sable ou de pierres et que les couleurs y sont insipides. Tout ceux qui ont visité un jour un désert savent que c’est tout sauf insipide et monotone. D’ailleurs chaque désert a sa propre identité : il peut être une mer de dunes orangées, de dunes blanches, une forêt de montagnes et de roches aux formes surréalistes… Le désert du Néguev vous fait voyager dans des paysages presque lunaires. Des montagnes blanches, du sable noir, des cratères, des étendues plates sans fin, des tâches de sable foncé, clair, orangé… Et au milieu du désert, des oasis, des petites vallées feuillues et des points d’eau.

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J’ai eu un véritable coup de foudre pour les déserts lors de mon voyage en Egypte. J’ai été fasciné et conquis pas cette immensité, par ces paysages empreints de désolation, de solitude et de néant. J’ai été soufflé par ce côté apaisant et relaxant, par ce silence et cette quiétude que je me suis pris d’amour pour ce type de paysage.

Et je dois dire que le désert du Negev a complètement rempli les critères. Ne cherchez pas de dunes de sables ici, non, le Negev ce n’est pas une étendue de sable mais une mer de roches, de pierres et de graviers jusqu’à l’horizon ! Et ce désert, aussi mythique soit-il, est absolument magnifique  et si vous prévoyez un voyage découverte en Israël, foncez vers le sud en direction du Negev !

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LE DÉSERT DU NEGEV,
UN DÉTOUR IMMANQUABLE !

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Pour rejoindre le désert depuis Jérusalem, il faut suivre la route qui file vers le sud jusqu’à Eilat sur les bords de la Mer Rouge. Nous prenons un premier bus à la gare routière en direction de Beer Sheva, dernière grande ville avant le désert, considérée comme la capitale du Negev, puis un changement pour Sde Boker, notre lieu d’hébergement et la première étape dans le désert.

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SDE BOKER

Nous descendons à Midreshet Ben Gurion, l’arrêt après Sde Boker.
Et là nous en prenons plein les yeux !

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Sde Boker est en réalité un kibboutz, une forme de village typiquement israélien. Suite à la création de l’Etat d’Israël en 1948, les colons juifs ont commencé à affluer de part et d’autre d’Europe et des Etats-Unis. D’abord dans les centres urbains tels que Tel-Aviv et Jérusalem mais ensuite dans des zones plus isolées. Ils se sont organisés en communautés : quelques membres décident de s’installer sur un terrain vide et entreprennent de rendre la terre cultivable, dans un premier temps, puis de vivre de leur culture. Ces kibboutz deviennent vite des oasis et la vie en communauté s’organise de manière équitable entre les habitants.

Dans tous les kibboutz, une large part est laissée au travail de la terre et la culture de fruits et légumes (oranges, bananes, citrons…) et à l’élevage. Si au départ ils n’étaient accessible qu’aux résidents et que la communauté se suffisait à elle-même, certains possèdent parfois un type d’installation hôtelière, d’autres travaillent hors du kibboutz…

Voilà qui explique pourquoi, au milieu du désert, à quelques kilomètres les uns des autres suivant une route, on trouve ces petits kibboutz. Sde Boker est situé au milieu du désert, au bord de la route. À 6 kilomètres au sud est situé une autre partie de Sde Boker, appelée Midreshet Ben Gurion. Il s’agit en fait du campus universitaire.

Ca peut sembler étrange et pourtant oui, Sde Boker abrite l’Université du Néguev ou Université Ben Gurion. L’université est à la pointe des recherches et des nouvelles technologies concernant l’étude du désert, de l’agriculture en milieu hostile, de l’énergie solaire. C’est aussi un campus nouvelle génération : les étudiants ont leur propre logement, des logements écologiques et garantis énergie renouvelable ! Le kibboutz n’a rien de particulier alors que du campus universitaire partent de nombreuses randonnées et offrent des panoramas à tomber !

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VOIR LE COUCHER DU SOLEIL
SUR LE DÉSERT DU NEGEV,
C’EST INCROYABLE !

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Contrairement au kibboutz, situé sur la plaine, l’université est au bord d’un dénivelé, au bord d’un ravin et offre une vue magique sur le désert. Le Negev ne ressemble en rien aux deux autres déserts que j’ai pu visiter, ici les montagnes et les collines ont des formes et des reliefs hypnotiques et intrigants. Au loin, dans la vallée séparant deux montagnes, on aperçoit une route, seule et unique route du coin, qui traverse le désert. On distingue aussi un chemin où pousse la verdure. Le désert du Negev n’est pas sans vie : il y a de nombreux animaux (comme des bouquetins par exemple, vus régulièrement aux abords du campus et dont l’agilité à marcher sur des pentes raides me fascinera toujours) mais il y a également de nombreuses sources d’eau. Nous en visiterons une d’ailleurs le lendemain.

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Après une bonne nuit de sommeil
dans un calme olympien,
rien de mieux qu’une bonne randonnée
pour découvrir le désert…

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EIN AVDAT

À une heure de marche du campus se trouve Ein Avdat, un canyon et une source au milieu du désert. Il s’agit d’un parc naturel gardé et protégé : pour sa faune, sa flore et sa richesse géologique.

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Quand on quitte Sde Boker en direction du désert, qu’on avance sur cette route qui serpente au milieu de ce sol aride sous une forte chaleur, on a du mal à se rendre compte de ce qu’on va y trouver. On imagine mal qu’une source puisse jaillir de ce lieu si inhospitalier… Et pourtant, après une heure de marche, on arrive à l’entrée du canyon. D’abord timide, la source se transforme rapidement en belle étendue d’eau. On poursuit notre chemin le long du chemin balisé, on grignote à l’ombre d’une improbable mini forêt. Du sommet, la vue sur le canyon est superbe.

Nous poursuivons notre chemin, au milieu de nulle part, jusqu’au parc de Avdat. Une heure de marche supplémentaire sur un chemin balisé au milieu d’un désert. Absolument rien à l’horizon si ce n’est de la roche, de la pierre et du néant. Avdat, c’est un site archéologique où trônent, au sommet d’une colline, les ruines d’un ancien lieu de surveillance nabatéen.

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Les Nabatéens, à qui l’on doit la merveilleuse cité de Petra en Jordanie, étaient un peuple commerçant. Ils ont construit la ville d’ Avdat (ou Ovdat) sur la route entre Gaza, qui était un port important et un point de passage de caravanes, et la cité de Pétra. Avdat était alors une sorte de halte sur la route caravanière de l’encens et des épices.

La petite ville occupe également un point stratégique car du haut de sa colline, elle surplombe toute la vallée et surveillait les caravanes qui passaient. Partiellement détruite, elle laisse tout de même un aperçu de ce qu’elle pouvait être avec sa grande cour, sa grande pièce aux colonnes, ses petits palais…

Nous redescendons tranquillement et tentons de prendre le bus, sans succès, pour se rendre à Mitzpe Ramon, plus au sud. C’est là que nous devons passer la nuit. Les bus ne passant pas, nous passons au plan B : le stop. Au bout de quelques minutes, un petit monsieur parlant quelques mots d’anglais s’arrête sur le bas côté et nous emmène. Nous arrivons à Mitzpe Ramon avant le coucher du soleil.

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MITZPE RAMON

Après avoir été conquis par Sde Boker,
et sa vue magnifique,
je ne pensais pas être surpris davantage…
jusqu’à Mitzpe Ramon !

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QU’EST-CE QUI POUSSE DES GENS
À VENIR S’INSTALLER ICI ?

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Honnêtement, je me suis posé la question, qu’est-ce qui pousse des gens à venir s’installer ici ? Ici, à Mitzpe Ramon, au bord d’un précipice, au bord du vide, au milieu de nulle part… Mitzpe Ramon, on l’appelle aussi le cratère du Negev car le kibboutz, fondé en 1950 par des travailleurs construisant la route vers Eilat, s’est installé au bord d’une falaise vertigineuse de plus de 500 mètres. Le cratère mesure 40 kilomètres de long, et jusqu’à 10 kilomètres de large. En tout cas, c’est un des sites les plus spectaculaires que j’ai vu !

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En arrivant à Mitzpe Ramon, nous descendons de voiture au point d’observation du cratère. On s’est avancé sur le petit ponton en bois surplombant le vide et là, c’est tout juste magique ! C’est absolument incroyable de voir ce relief, ce vide juste là, sous vos pieds et qui semble infini. On ne peut s’empêcher de rester là, immobiles, à observer ce panorama complètement dingue, ce paysage qui donne l’impression d’être sur une autre planète. On ressent une sensation vraiment indescriptible quand, au fur et à mesure qu’on avance sur le ponton, on voit le paysage se dévoiler devant nous. C’est tout simplement magique ce paysage. C’est comme si l’astéroïde qui avait causé la mort des dinosaures s’est craché là, à cet endroit précis, tellement ce lieu semble improbable et surnaturel.

Le lendemain, on se fait un petit plaisir, une autre randonnée. On est trop intrigués par ce cratère. On décide de suivre le sentier et de descendre, tout au fond. Par moment, la descente est rude et, une fois arrivés en bas, le ponton en bois semble si petit, quasiment invisible ! Ce lieu est complètement incroyable… Le sentier nous emmènera jusqu’à la route qui traverse le désert et court vers Eilat au sud.

Pendant près de deux heures, nous marchons au milieu de ce paysage lunaire. Les dunes (de graviers, de pierres) sont tantôt grises, tantôt rosées, tantôt noires… On se sent vraiment isolés au milieu de nulle part et la température flirte avec les 41°C.

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Bon, au moment de retourner à Mitzpe Ramon,
on prend conscience de la difficulté du retour.
Cette falaise au bout de la route, il va falloir la remonter,
… sous un soleil de plomb.
L’option autostop s’impose d’elle-même !

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Après Mitzpe Ramon,
nous remontons en bus jusqu’à Beer Sheva
puis nous continuons notre périple vers la Mer Morte.

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Vous en pensez quoi du désert du Négev ?
Vous vous l’imaginiez comme ça ?
Laissez vos commentaires et partagez 🙂

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2 COMMENTAIRES

  1. Salut Alex! Super post! Je vois que nous partageons le même émerveillement pour les désert: ces étendues d’apparence hostiles, et pourtant qui savent y cacher la vie quand on sait la trouver à un coin d’ombre ou sous une pierre. De loin le désert le plus fascinant que j’ai eu à voir est celui du Namib en Namibie: avec sa couleur rouge unique et ses activités aventureuses notamment le quad qui était mémorable dans cette immensité de sable, Il est à découvrir d’urgence!

    • Salut Yann, oui les déserts sont vraiment des endroits que j’aime visiter, partout ! Le désert de Namibie me fascine et fait vraiment partie des endroits que j’aimerais visiter… On discutera de la Namibie quand on se verra le mois prochain 😉

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