Un petit tour en Palestine

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Voyager en Palestine est une expérience fascinante. Ce petit bout de terre, millénaire et au cœur des mentalités depuis des siècles est un territoire magnifique et riche en surprises. Cristallisant de multiples crispations depuis une cinquantaine d’années, elle est un endroit à découvrir absolument où vous vous sentirez bienvenu, en sécurité et vous en sortirez meilleur. Voici le récit d’un petit tour en Palestine.

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Jéricho, PalestineVisiter la Palestine était un souhait de voyageur depuis de nombreuses années mais que je n’osais accomplir. Je pensais la situation géopolitique locale trop compliquée et instable, je me disais que je ne me sentirais pas totalement à l’aise. Pourtant, j’avais toujours cet engouement pour ce territoire et je ne pouvais me résoudre à tirer un trait dessus. Quand avec une amie on s’est lancé dans un périple de trois semaines en Israël, l’occasion était trop belle pour ne pas la saisir, et c’est donc avec une grande excitation que nous avons planifié quelques jours en Palestine.

D’ailleurs, divers sources nous affirmaient que voyager en Palestine était plutôt sécurisé, que les Palestiniens sont accueillants et ouverts et qu’ils seraient ravis de rencontrer des étrangers. Et c’est vrai ! La population locale est absolument adorable et souriante et ils ne manqueront pas une occasion de vous parler et de vous renseigner.

Un tour en Palestine

Je me souviens cette fin d’après-midi où l’on quittait Jéricho pour se rendre à Jérusalem. Aucun taxi ou transport palestinien ne peut entrer dans Jérusalem. Aucun Palestinien tout court d’ailleurs. Le taxi collectif nous a déposé au milieu de nulle part, en plein centre d’une ville totalement inconnue, à un croisement où le chaos automobile régnait. Descendant de voiture, le chaleureux conducteur nous a expliqué qu’il nous fallait prendre un bus autorisé à entrer dans Jérusalem. Là, sur le bord de la route, n’entendant même pas nos pensées tellement le raffut était énorme, on attendait le fameux bus. Trois jeunes hommes sont venus pour s’assurer que nous avions bien compris les indications du chauffeur. L’un d’eux resta posté près de nous « je vais attendre avec vous pour ne pas que vous le manquiez ». Pendant ce temps, les klaxons des conducteurs ne se préoccupaient plus vraiment du code de la route mais bien de nous indiquer que le bus pour Jéricho se prenait de l’autre côté de la route. D’ailleurs, certains stoppaient leur véhicule en plein milieu de la route, amplifiant les bouchons et le brouhaha et, à renfort de grands gestes et d’un adorable sourire, nous indiquaient l’arrêt de bus pour Jéricho. Une voiture passa, un haut parleur fixé sur le toit. Arrivé à notre hauteur, le passager stoppa son discours publicitaire et scanda dans le microphone un joyeux « Welcome to Palestine ». On ne savait toujours pas le nom de la ville où on était.

Voilà le meilleur souvenir que je garde de Palestine : des gens adorables et souriants toujours prêt à vous aider. Totalement l’inverse de ce qu’on avait ressenti à Jérusalem et d’autres villes israéliennes. Dans les boutiques, les vendeurs ne manquaient pas de prononcer quelques mots en français et, m’entendant leur parler quelques mots d’arabe, posaient une main sur le cœur, une main sur mon épaule et nous adressaient à nouveau un chaleureux « Welcome to Palestine ». Je pense vraiment que la Palestine mérite d’être visitée, elle mérite d’ailleurs un voyage à elle seule et non comme un supplément d’un séjour en Israël.
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UN MONASTERE, UN CHECK POINT ET UN BAPTEME

Notre première rencontre avec la Palestine a été la visite de Bethléem. Cette ville a vraiment été mon coup de cœur ! Je l’ai trouvée simple et distinguée, authentique et élégante avec ses murs de pierres ocres. Après la visite de la ville, nous trouvons un taxi qui nous accepte de nous emmener dans deux endroits que l’on souhaite visiter : le monastère de Mar Saba et Hérodion.

Monastère de Mar Saba, Palestine

Mar Saba est un monastère grec orthodoxe construit à une vingtaine de kilomètres de Bethléem. Construit à flanc de montagne, il est interdit d’accès aux femmes. Quand le guide nous y dépose, j’y entre pour le visiter, mon amie, elle, reste à l’ombre des oliviers devant l’entrée. Une fois revenu, nous nous laissons tenter par une petite promenade autour de l’édifice et nous marchons le long de ce qui devait être une source d’eau – plutôt asséchée en ces mois estivaux. En repartant, nous observons le paysage de Palestine, totalement sec.

En ce mois de juillet, tout est très sec. En voyant devant nous cette étendue de roches, d’herbes sèche jaunie, d’arbres sans feuille, on a du mal à imaginer qu’au printemps tout est vert, tout est fleuri. On a choisi notre destination de voyage un peu sur un coup de tête sans se préoccuper de savoir si c’était le meilleur moment ou non. J’ai trouvé cependant que le paysage avait quelque chose de spécial dans sa sécheresse, une sorte de désolation qui le rendait intrigant et admirable.

Paysage de Palestine

Paysage de Palestine

Notre séjour à Bethléem touche à sa fin. Après deux jours dans la ville de la nativité, il est temps de partir découvrir les environs de Jéricho. A la gare routière nous cherchons le taxi collectif se rendant à Mitzpe Yeriho. Le point positif avec les taxis collectifs est qu’ils coûtent moins cher. Le point négatif, c’est qu’ils ne partent qu’une fois remplis. Nous avons donc dû attendre environ une demi heure pour quitter Bethléem. En cours de route, des gens montaient, d’autres descendaient. A l’arrière, on était un peu à l’étroit mais la chaleur humaine ne fait jamais de mal ;). Nous passons un checkpoint où un soldat israélien arrête notre véhicule et demande les papiers des occupants. Quand il voit nos passeports français, il nous observe, distinctement et avec attention. Il nous voit, complètement collés entre deux gaillards palestiniens à l’arrière du van. Il nous demande où on va et nous rend nos passeports en lâchant un « be careful ».

A Jéricho, nous visitons rapidement le centre ville ultra animé et bruyant. Le but de notre visite est de visiter les ruines de la ville antique. Jéricho est une des plus vieilles villes du monde, son occupation remonte à près de 4000 ans. A vrai dire, nous nous promenons au milieu des ruines mais de nombreux accès sont fermés, d’autres endroits sont bâchés. On en garde pas un souvenir impérissable. Rien à voir avec les photos que nous avions vues. Je pense sincèrement qu’on a dû manquer un truc – un chemin, un escalier, un je ne sais quoi – car la visite du site nous a vraiment paru une perte et de temps et d’argent…

Baptism site, Israel

A la sortie, un taxi nous propose de nous emmener avec un autre touriste italien vers le lieu du baptême. Jéricho se trouve à seulement quelques kilomètres du Jourdain, le fleuve marquant la frontière entre Israël et la Jordanie et où Jésus aurait été baptisé. Nous partons donc, le chauffeur de taxi, le touriste italien, son guide et nous deux, serrés dans sa petite voiture, en direction du lieu du baptême. C’est, je pense, la frontière la plus insignifiante que j’ai vue : un petit ruisseau d’environ 1 à 2 mètres de large ! L’eau y est tout sauf claire : sa couleur de vase ne donne pas vraiment envie d’y tremper un orteil. D’autant que, devant nous, des hordes de pèlerins s’empressent de se lancer dans l’eau, plonger la tête comme s’ils se faisaient eux-mêmes baptiser. Une fois les touristes partis, nous nous décidons à aller dans l’eau. Après tout, on ne vient pas sur le lieu du baptême du Christ tous les jours.
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UN PETIT TOUR AU WADI QELT.

Après notre visite de Jéricho et du Jourdain, nous voilà de retour à Jérusalem. Vu qu’on y avait déjà passé 4 jours et qu’on était moyennement satisfait de l’accueil, on a préféré partir en vadrouille pour cette dernière journée dans la ville sainte. Devant la gare routière se trouvait un autre point de départ pour autobus. On monta dans le bus 21 en direction du Wadi Qelt, un canyon au milieu du néant où se trouve un monastère accroché à flanc de montagne. On part, le bus est rempli de jeunes – hommes et femmes – en plein dans leur service militaire.

Wadi Qelt

Wadi Qelt

On se lance à l’assaut d’une petite heure de marche, sous un soleil de plomb. Autour de nous, rien. Du silence, une étendue de cailloux à perte de vue. Juste une route goudronnée devant nous qui nous mènera, je pense à l’entrée du Wadi Qelt. Après une heure de marche, on s’approche de la verdure, on entend un petit cour d’eau qui résonne entre les roches. Les couloirs du monastères sont frais et ombragés. Qu’il est bon de s’y reposer.

Wadi Qelt

Wadi Qelt

Alors bien sûr, ce n’est qu’un aperçu des nombreuses attractions de la Palestine. On a juste fait ce qu’on a pu compte tenu du temps qu’on avait et surtout des conditions sécuritaires. Notre planning prévoyait également de passer une journée à Ramallah et une journée à Naplouse, mais tout le monde nous déconseillait d’y aller car les conditions de sécurité s’étaient rapidement dégradées les quelques jours avant notre arrivée.

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COMMENT ALLER EN PALESTINE ?

Depuis Israël : Vous pouvez entrer en Palestine par plusieurs endroits, que vous veniez de de Jérusalem, de Nazareth (via Afoula), de Tibériade (via Beit Shean), mais aussi de Beer Sheva et de la Mer Morte (après Ein Gedi). L’entrée en Palestine est toujours soumise à des contrôles d’identité (parfois lourds et contraignants) par l’armée israélienne donc prévoyez du temps et prenez sur vous : les soldats israéliens aiment jouer avec les nerfs des Palestiniens mais aussi des étrangers de passage. On a fait clairement savoir qu’on ne devait pas être là, que c’était dangereux. Le tout accompagné d’une hésitation à nous rendre notre passeport et un regard suspicieux sur nous puis sur les occupants du mini bus.

Si vous voulez entrer en Palestine sans avoir trop de problème, entrez-y par Bethléem via Jerusalem. Rendez-vous Porte de Damas (sortie nord de la vieille ville) et prenez le bus n°21 (coût du ticket : 6NIS). On a eu qu’un seul contrôle d’identité qui n’a pas concerné les touristes. Une fois à Bethléem, profitez-en pour visiter la ville (qui vaut vraiment le détour), et prenez un bus/taxi collectif à la gare routière pour n’importe quelle destination en Palestine. Nous avions choisi d’aller à Jericho. En cours de route, nous avons eu un contrôle mais rien de vraiment méchant, juste un peu d’intimidation.

Si vous voulez aller au nord (Ramallah ou Naplouse), un bus va directement à Ramallah depuis la Porte de Damas. Toutefois, les contrôles pour cette zone y sont plus fréquents, tout comme ceux en direction de Hebron au sud. Vous pouvez rejoindre Hebron depuis Bethléem.

Mosquée à Jéricho, Palestine

Depuis la Jordanie : un seul passage vous permet d’entrée en Israël (et donc en Palestine) depuis la Jordanie, le Pont Allenby, à quelques kilomètres au nord du lieu du baptême. Au départ d’Amman, vous pourrez trouver bus et taxis pour vous y emmener.

Toutefois, le taxi ou le bus vous déposera à la frontière. Il vous faudra donc marcher (les véhicules qui ne passent pas le frontière ne peuvent s’en approcher), passer les contrôles et prendre les transports israéliens/palestiniens qui vous y attendront de l’autre côté.

Etant donné que vous arriverez sur le sol israélien par les territoires palestiniens, attendez-vous à subir un contrôle assez lourd et devoir répondre à des questions étranges et insistantes.
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DERNIERES CHOSES A SAVOIR…

Sécurité : Du fait de l’occupation et de la colonisation illégale d’Israël sur les territoires palestiniens, la situation, quoique relativement stable, peut vite dégénérer. Bethléem, le Wadi Qelt, Jéricho et le lieu du baptême ne posent aucun problème de sécurité en particulier. La ville de Hébron est, quant à elle, beaucoup plus soumise à une forte tension. Les deux communautés « cohabitent » plutôt mal que bien et les affrontements y sont très fréquents.

Douane à l’aéroport de Tel Aviv-Yafo : Que ça soit à l’entrée ou à la sortie, on vous posera mille et une questions. A l’entrée, des questions sur vos motivations à visiter Israël et votre programme, il est fort probable qu’on vous demande quelle est votre religion et quel lien vous unit à votre compagnon de voyage (on nous a demandé si on sortait ensemble). Si vous êtes allé au Liban, préparez-vous à subir un lourd interrogatoire. Bien entendu, à l’entrée comme à la sortie, ne mentionnez pas un quelconque voyage dans les territoires palestiniens sinon on vous questionnera encore plus longtemps.

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