France

Pontarlier : une ville entre monts et merveilles

 

IL ÉTAIT UNE FOIS UNE VILLE NOMMÉE PONTARLIER.
ON EN PARLE PEU MAIS C’EST UNE VILLE AGRÉABLE, À L’AMBIANCE CHALEUREUSE,
ET C’EST SURTOUT UNE VILLE ENTOURÉE D’UNE FOULE DE LIEUX MAGNIFIQUES.
ENTRE LÉGENDES ET HISTOIRE, NATURE ET PATRIMOINE,
JE T’EMMÈNE UNE DERNIÈRE FOIS DANS LE HAUT-DOUBS.

Continuons notre découverte du Haut-Doubs avec cette dernière étape. Dans l’article précédent, je t’avais emmené découvrir Morteau et ses magnifiques alentours, aujourd’hui on poursuit notre route quelques kilomètres au sud pour nous arrêter à Pontarlier. Je ne sais pas à quoi les gens pensent quand ils entendent le nom “Pontarlier” : la dernière ville française à traverser avant d’entrer en Suisse ? une ville française qu’on ne saurait situer sur une carte ? À toi de me dire ce que tu savais de cette ville en commentaire… Pour les Francs-Comtois, Pontarlier, c’est la troisième ville du Doubs, la “capitale” du Haut-Doubs et la ville comtoise de l’apéro au vu de ses productions artisanales alcoolisées. Et Pontarlier, c’est une ville qui fait presque vacances : on vient ici pour découvrir ses environs, ses sentiers de randonnées, sa nature généreuse, ses reliefs, ses châteaux, ses lacs…

Je savais Pontarlier auréolée d’une multitude de merveilles qui sont pour moi autant de raisons de ne pas la bouder et ce sont ces richesses que j’ai envie de te présenter dans cet article. D’ailleurs, Pontarlier fait partie des Plus Beaux Détours de France tant la ville est une porte ouverte sur la nature et les sports en extérieurs.

En été, Pontarlier est le point d’arrivée de nombreux touristes désireux de s’adonner au VTT, à la randonnée, aux sports nautiques ou encore à la dégustation de ses spécialités. Quand vient l’hiver, Pontarlier se transforme en porte d’entrée vers les stations de ski et les pistes de raquettes du Haut-Doubs.

Il te faut d’autres arguments ?
Ok, viens, suis-moi, j’ai quelque chose à te montrer…

 

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Château de Joux vu depuis un sentier de randonnée. La Cluse-et-Mijoux.

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À LA DÉCOUVERTE DE PONTARLIER

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Située à 1000 mètres d’altitude, Pontarlier est la deuxième ville française la plus haute, après Briançon. En tant que “capitale” du Haut-Doubs, c’est une ville de taille raisonnable mais dynamique et on s’y sent plutôt bien. Et à peine sorti de Pontarlier, on est déjà en pleine nature !

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Pontarlier est une très vieille ville. Sous l’empire romain, elle répondait au doux nom de Ariolica. Au cours des siècles, sa position stratégique à quelques kilomètres de la Suisse a accentué son développement mais a aussi causé sa perte. Tout le patrimoine magnifique qu’elle avait construit au fil des années a été maintes fois détruit, incendié, pillé, saccagé et anéanti. Plus de trace aujourd’hui de son vieux château et de ses remparts si ce n’est le nom d’une rue. Pontarlier garde toutefois de bien jolies portes, assez anciennes, quelques hôtels particuliers du 17e siècle et son église Saint-Bénigne. Tout un symbole.

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J’ai beaucoup aimé cette église, ses voûtes, son clocher comtois et ses vitraux en oubliant pas, juste à côté, le porche du 15e siècle, seul vestige de l’ancienne église avant les destructions dûes aux guerres.

On ne vient peut-être pas à Pontarlier pour son patrimoine mais on en repart étonné tout de même : la jolie façade de l’ancienne chapelle des Annonciades, sa porte Saint-Pierre, l’arc de triomphe de Pontarlier, les hôtels particuliers avec leurs jolies portes, ou encore les façades sobrement colorées de la ville sont autant d’éléments qui te convaincront que Pontarlier vaut bien un détour.

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Le Doubs traverse Pontarlier.

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PONTARLIER ET SES SPÉCIALITÉS

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On ne le sait pas forcément, mais Pontarlier a ses spécialités bien à elle qui contribuent à enrichir le terroir franc-comtois. Cherche pas de viande ou de fromage, à Pontarlier, on produit de l’alcool.

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Trois spécialités sont tout de même à mentionner : en premier lieu, l’absinthe. Depuis le début du 19ème siècle, Pontarlier est la capitale mondiale de l’absinthe. À la base, la recette vient de Suisse. Ensuite les versions divergent : la recette aurait été achetée par un distillateur français ou un des créateurs suisses aurait délocalisé sa production en France pour échapper à une saisie fiscale. Toujours est-il que Pontarlier s’est fait un nom avec l’absinthe. Quand le tout Paris et ses artistes consommaient la Fée verte dans leurs ateliers et dans les bistrots, Pontarlier s’enrichissait. Quand l’absinthe fut accusée de tous les maux et interdite, l’industrie s’est effondrée (mais pas arrêtée). Aujourd’hui, l’absinthe est à nouveau autorisée et commercialisée, et Pontarlier compte plusieurs distilleries.

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Et Pontarlier, c’est aussi la liqueur de sapin et le Pontarlier-Anis, appelé ici le ‘Pont’, le pastis local. Une variante existe, non plus à l’anis mais à la sève de sapin : le sapont.

Quand tu visiteras Pontarlier, viens faire un tour à Simplement Chocolat (79 rue de la République) pour déguster des macarons à l’absinthe !

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PROMENADE AU GRAND TAUREAU

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Pontarlier est située au pied des montagnes du Larmont où se trouve le point culminant de la ville : le Grand Taureau. D’une altitude de 1323 mètres, le Grand Taureau est une balade appréciée des randonneurs, surtout pour son point de vue qui embrasse du regard la Suisse, le lac Saint-Point (que l’on visitera plus tard dans cet article) mais aussi les pistes de Métabief.

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La tâche blanche, au milieu, c’est le lac Saint-Point

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Différents sentiers mènent au Grand Taureau : un part du centre de Pontarlier, l’autre du Château de Joux. Moi, j’ai préféré aller en voiture jusqu’au restaurant Le Gounefay et continuer à pied (30 minutes de marche jusqu’au Grand Taureau). Sur le chemin du retour, tu pourras t’arrêter un instant auprès du Fort Catinat, un fort construit au 19ème siècle pour protéger la ville de l’invasion prussienne et qui forme, avec le fort Malher et le Fort de Joux, la ceinture de forts autour de Pontarlier. Et tu auras aussi un vue imprenable sur la ville.

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Pontarlier vue depuis le Larmont

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LA TOURNÉE DES FORTS

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L’attrait peut-être le plus connu de Pontarlier, c’est son Fort de Joux, un château médiéval sur un éperon rocheux, dominant un passage étroit appelé ici un cluse. En face, il y a son petit frère, le Fort Malher. Les deux monuments se trouvent sur la commune voisine de La Cluse-et-Mijoux. Outre une vue sur le château, tu pourras aussi y découvrir des distilleries d’absinthe et un adorable petit oratoire coiffé d’un toit comtois en tavaillons.

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LE FORT MALHER
ET LE BELVÉDÈRE DU FER À CHEVAL

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Je commence par me rendre au Fort Malher et pour y rendre, il y a deux chemins. Un chemin qui part à côté de la bibliothèque (devant l’église) et monte en lacet sur le flanc de la montagne du Larmont. En une trentaine de minutes, sans grand effort, te voilà au Fort Malher. Le deuxième part à côté de l’ancien péage du château, au bord de la route. Ce chemin, c’est un escalier d’environ 230 marches et une petite marche sur un sentier escarpé. Je te conseille vraiment de monter avec le premier chemin et de descendre avec le second.

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Situé à 1032 mètres d’altitude, il fait face au Fort de Joux, l’ancien château médiéval. Il a été construit vers 1850 pour sécuriser la frontière et surtout pour apporter une protection supplémentaire au Fort de Joux. Son état n’est pas exceptionnel et son accès est interdit au public : en 1877, 3 tonnes d’explosifs saisis par la douane explosent causant une fissure importante dans la roche et détruisant les bâtiments. Son accès est uniquement possible en extérieur mais on ne peut pénétrer à l’intérieur. Si tu viens jusque-là, je te conseille de poursuivre ton chemin jusqu’au belvédère du fer à cheval, situé à quelques kilomètres (environ 30 minutes de marche). Ce point de vue domine la vallée et t’offre un panorama superbe sur les deux forts se faisant face et sur la vallée du Doubs.

C’est aussi une manière de découvrir le site de la cluse avec cette faille monumentale séparant la roche du château de Joux des montagnes du Larmont. Cette situation a été tout naturellement exploitée par les Seigneurs de Joux pour y installer un péage (plusieurs routes passaient par cette cluse depuis l’Antiquité), ce qui fit leur richesse.

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En bas, le Doubs serpente tranquillement

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Mais aller au Fort Malher, c’est aussi pour avoir le meilleur panorama sur le Fort de Joux. Tu ne trouveras pas de meilleure vue sur le château, son éperon rocheux et la vallée. C’est une vue dont je ne me lasse pas.

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LE FORT MALHER,
UN BALCON SUR LE CHÂTEAU DE JOUX

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LE CHÂTEAU DE JOUX :
SOURCE INÉPUISABLE D’HISTOIRE(S)

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Voici un des monuments que je préfère dans mon département, probablement un des plus emblématiques aussi. Du haut de son éperon rocheux, il surveille la frontière et les routes millénaires qui passent à ses pieds. Mais le Château de Joux, c’est aussi 1000 ans d’histoire des fortifications et tout autant d’histoires et légendes fascinantes.

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Le Fort de Joux regardant le Fort Malher

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À l’origine vers le 9ème siècle, se tenait ici un château en bois, appartenant aux Sires de Joux. On les décrit comme des brutes barbares, violents et sans pitié, qui terrorisaient leurs sujets, pillaient et rançonnaient leurs voisins et imposaient leurs lois par le tranchant de leurs épées.

Profitant d’une situation géographique idéale, leur château est vite transformé en péage. Aux pieds des montagnes du Larmont passaient une des plus vieilles routes antiques, la via Francigena, reliant Canterbury à Rome, puis viendra la route du sel entre Salins-les-Bains dans le Jura à la Suisse. Le marché rapporte gros, en peu de temps, le château de bois se mue en une imposante forteresse de pierre. Les Sires de Joux sont richissimes et imposent leur pouvoir sur ces terres hostiles.

Du château médiéval, il reste aujourd’hui le donjon, des cachots et quelques murs.

En 1678, Louis XIV annexe la Franche-Comté à la France et demande à Vauban de moderniser et de fortifier le Château de Joux. Vauban y ajoute sa patte et son génie, le château se pare de fortifications modernes et devient une véritable sentinelle imprenable surveillant les frontières du Royaume de France.

Puis au 19ème siècle, après la défaite de la France face à la Prusse en 1871, le capitaine Joffre modernise à son tour le château en lui rajoutant fortifications et bunkers souterrains. Quand tu visites le château de Joux, tu découvres alors toute l’évolution des systèmes défensifs français depuis environ 1000 ans.

La visite est uniquement possible en visite guidée (le nombre incalculables de couloirs sous la roche, l’humidité et l’obscurité de certains passages rendant les visites libres peu sécurisées). Mais les visites guidées sont vraiment intéressantes donc n’hésite pas !

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Une prison d’Etat et des prisonniers célèbres :

Le château a servi de prison d’état et a compté, entre autres, deux prisonniers célèbres. Toussaint Louverture tout d’abord. Le héros de la lutte contre l’esclavage et de l’indépendance d’Haiti a été emprisonné dans les geôles du château sur ordre de Napoléon. Sa cellule était sombre, la seule fenêtre étant pratiquement murée, glaciale et humide. Il décédera en 1803 des suites d’une maladie pulmonaire attrapée au château. Napoléon, refusant de le voir devenir un “martyr”, décida de le faire enterrer dans un lieu secret. Aujourd’hui encore, on ne sait pas où se trouve sa tombe, probablement autour du château de Joux. Sa cellule est aujourd’hui devenu un lieu de pèlerinage.

L’autre prisonnier : c’est Mirabeau. Lui fut emprisonné sur demande de son père qui désespérait de le voir courir tous les jupons de Paris et dilapider la fortune familiale au jeu. Il fut d’abord emprisonné au château d’If, mais quand il s’acoquina avec la femme du gouverneur, on le transféra au château de Joux. Le gouverneur était un homme issu d’une famille bourgeoise et il était ravi d’avoir comme prisonnier un homme cultivé comme Mirabeau. Mirabeau eut alors le privilège de pouvoir sortir du château à sa guise pour se rendre aux soirées mondaines à Pontarlier. Puis il tomba amoureux de la fameuse Sophie de Monnier, la jeune épouse d’un marquis, à qui il écrira les célèbres Lettres à Sophie. Il s’échappa du château de Joux et tout deux fuirent en Suisse puis aux Pays Bas.

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La légende de Berthe :

Parmi les plus anciens cachots du château, on trouve la cellule de Berthe de Joux. Amauri III de Joux parti en croisade vers 1170 laissant à sa femme Berthe le soin de diriger à sa place. Plusieurs années passent lorsqu’un soir,  un très beau chevalier, Amey de Montfaucon, lui annonce la mort de son mari en Terre Sainte. Après avoir erré plusieurs semaines dans le forêt en pleurant, Berthe revient au château et se console dans les bras d’Amey.

Sauf qu’Amauri rentra de croisade et surprit les deux amants. Emporté par la rage, il tue Amey de Montfaucon avec son épée et ordonne qu’on suspende sa dépouille à un gibet sur un rocher. Berthe est condamnée à être enfermée jusqu’à sa mort dans un minuscule cachot où elle ne pouvait que se tenir à genoux. Sa seule occupation ? Se tenir face à une meurtrière avec pour seule vue le corps nu, disloqué et dévoré par les corbeaux de son bel amant.

À la mort d’Amauri, Henri de Joux a pitié de sa mère et l’envoie finir ses jours à l’abbaye de Montbenoît.

Légende ou histoire vraie ? Berthe était bien l’épouse de Amauri de Joux et ce dernier dû effectivement partir en croisade…

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Le clou de la visite, c’est probablement la descente dans les entrailles de la roche jusqu’au grand puits. Pour assurer un accès à l’eau à ses soldats en cas de siège, Vauban imagine un puits gigantesque à travers la roche jusqu’à la nappe phréatique du Doubs. Le puits est profond de 137 mètres (il a été creusé à main d’homme, à hauteur de une coudée par jour…). Le guide se saisit d’un bol d’eau et, dans le silence général, verse l’eau dans le puits. On attend le plouf. On attend, on attend. Quel effet étrange cette attente, verser de l’eau dans un puits et ne pas entendre le plouf qui boucle la boucle te met dans un état particulier. Il faudra atteindre 15 secondes avant que l’eau atteigne le fond du puits. Franchement, j’ai trouvé ça fascinant.

VISITER LE CHÂTEAU DE JOUX

Route du Château, 25300 La Cluse-et-Mijoux

Visites guidées uniquement, pas de visite libre : en basse saison 5 visites par jour, en haute saison, jusqu’à 12 départs quotidiens. Pour plus d’informations, consulter le site officiel.

Ticket adulte : 7,50€

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DES RÊVES D’AZUR ET DE VERT
AU PAYS DES DEUX LACS

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Après le château de Joux, tu n’as qu’à suivre à peine quelques kilomètres au sud pour tomber nez à nez avec un des endroits naturels que je préfère dans cette partie du Doubs, un endroit fait d’eau et de forêts où les tons verts des étendues de sapins chatouillent amoureusement les teintes bleutées du lac Saint-Point et celles du lac de Remoray.

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LE LAC SAINT-POINT

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Le lac Saint-Point. Mon Dieu, quel régal !
J’ai toujours été fasciné par ce lac aux couleurs changeantes, traversé par le Doubs. Presque aussi calme qu’un miroir, le lac Saint-Point est un des points d’orgue du département. Long de 7,2 kilomètres, il est le plus grand lac naturel de Franche-Comté et le quatrième lac naturel d’origine glaciaire de France.

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EN FRANCHE-COMTÉ, ON A PAS LA MER…
MAIS ON A LE LAC SAINT-POINT !

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On peut tout faire sur le lac Saint-Point : en été, baignade et activités nautiques en tout genre (cours de voile, pêche, paddle, pédalo, kayak…) alors qu’en hiver, grâce à ses 850 mètres d’altitude, le lac est régulièrement gelé (partiellement ou totalement) et t’offre un paysage du bout du monde absolument magique.

Par endroits, on dirait même que le lac prend des petits airs de Canada, tu ne trouves pas ?

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La légende du lac Saint-Point…

Bien sûr, le lac a sa légende. Il était une fois, un cité nommée Damvauthier. Les habitants sont riches et possèdent en abondance terres cultivables, fruits, bétails et gibiers. Ils passent leur temps à festoyer lors de festins gargantuesques et se plaisent à vivre dans une oisiveté totale. Au-dessus de la ville s’est retiré un ermite, Point, fuyant la vie égarée des habitants de Damvauthier. Plusieurs fois, il tente de raisonner la population : “Gens de Damvauthier, enfants égarés, changez de vie pendant qu’il en est encore temps. Sinon la colère de Dieu s’abattra sur vous et vous retomberez au néant !“, mais personne ne tient compte de ses avertissements.

Un soir d’un hiver très froid, une femme pauvre tenant dans ses bras un enfant qui grelotte et pleure tente de trouver refuge dans une des maisons de la cité. Porte après porte, maison après maison, elle reçoit des habitants le même refus sans émotion. En repartant, elle croise l’ermite Point qui les accueille dans sa petite cabane. Il allume un bon feu qui les réchauffe et apporte toute la nourriture qu’il possède. La femme remercie Point et s’endort.

À minuit, alors qu’à Damvauthier la fête bat son plein, le tonnerre se met à gronder plus violent que jamais. L’eau envahit les rues et pénètre dans les maisons. Les habitants tentent de nager mais s’enfoncent un à un dans les ténèbres en poussant un cri. D’autres se réfugient sur les toits en observant, pétris par la peur, l’eau déferler sous leurs pieds et monter toujours plus haut. Puis les derniers rescapés, comme le clochers, disparaissent à leur tour sous les eaux sombres et froides. Et enfin, le grand silence, la pluie cesse de tomber et Damvauthier est engloutie sous les eaux.

À son réveil, la femme observe le grand lac qui a remplacé Damvauthier et interroge le vieillard :
– Les gens de cette ville n’ont pas écouté les avertissements de Dieu et ils ont été punis. Malheur à qui ne porte pas secours à l’indigent ! Malheur à celui qui reste insensible aux larmes d’un enfant !

La femme s’installa au bord du lac auquel elle donne le nom de son protecteur, Saint-Point. Des pêcheurs ont raconté que leur filets s’étaient accrochés aux croix des clochers de la ville disparue et, dans la nuit qui a suivi la Toussaint, on entendait, montant du fond du lac, le glas sonné par les cloches de la cité maudite.

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Si tu aimes marcher, un sentier de randonnée te permet de faire le tour du lac à pied, il te faudra alors compter environ 7h de marche. Mais pas de panique si tu veux n’en faire qu’une partie, en période estivale une navette fluviale traverse le lac au départ de Malbuisson.

Au sud du lac se tient son petit frère, le lac de Remoray.

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LE LAC DE REMORAY
ET LE BELVÉDÈRE DES DEUX LACS

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Alors que le lac Saint-Point est clairement dédié au tourisme, le lac de Remoray, lui, est une réserve naturelle protégée. On y navigue pas et seule une petite portion est destinée à la baignade dans ses eaux claires, oscillant parfois entre le jaune du sable et le turquoise.
Autour du lac, il y a la tourbière où, par le ruisseau la Taverne, on peut rejoindre le Doubs et le lac Saint-Point, et une petite église adorable : l’église Saint Théodule.

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Un petit circuit permet de longer le lac, paisible et entouré d’une magnifique verdure. Grâce à son statut de réserve naturelle, le lac de Remoray est une vraie richesse de faune et de flore, on y recense 227 espèces d’oiseaux, 48 espèces de papillons et 40 espèces de libellules, et on trouve même dans sa tourbière 4 plantes carnivores ! Quant à ses nymphéas, elles auraient pu elles-aussi inspirer Claude Monnet.
Pour entretenir le site, des chevaux de race Konik ont été introduits dans la réserve, limitant au maximum l’intervention humaine dans l’entretien de la zone humide et des prairies.

Au sud du lac, il ne faut surtout pas manquer le belvédère des 2 lacs qui te permet d’admirer les lacs Saint-Point et Remoray d’un coup d’œil. Magnifique !

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ÉCHAPPÉE EN PETITE SIBÉRIE

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On appelle Petite Sibérie la commune Mouthe et ses environs, jusqu’au village de Chapelle-des-Bois. C’est ici qu’on enregistre les températures les plus froides de France : en janvier 1985, on notait à Mouthe -41,2°C et il n’est pas rare d’atteindre les -30°C. La faute à quoi ? Mouthe est située dans une combe entourée de montagnes. Le sol étant froid, le vent glacial s’engouffrant dans la combe reste bloqué et se refroidit davantage, créant un microclimat particulier.

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MOUTHE & LA SOURCE DU DOUBS

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Si en hiver, Mouthe et ses environs sont le paradis pour s’adonner au ski et à la raquette, en été, c’est un paradis pour les randonneurs. Mouthe est une petite commune agréable qui, un peu plus mise en valeur et protégée, pourrait être une charmante bourgade, tout comme les autres petits villages jusqu’à Chapelle-des-Bois. On y trouve du beau patrimoine rural comme de vieilles fermes et du mobilier d’église remarquable.

Ci-dessous, la mairie de Mouthe qui, sur les berges du Doubs, se donne des airs de château, et deux portes dans la commune de Chaux-Neuve.

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Et bien sûr, Mouthe, c’est aussi la source du Doubs. Cette rivière que j’adore, qui va parcourir plus de 400 kilomètres jusqu’à sa confluence avec la Saône, traversant des paysages grandioses et façonnant villes et villages, cette rivière-là prend sa source à Mouthe. Quand l’eau sort de la roche, depuis une cavité étonnante, elle a déjà de la force et du débit, elle a déjà dû en faire des kilomètres sous terre ! Puis, après une succession de cascades, le Doubs s’enfuit en direction de Mouthe, avant d’enchanter tout un département qui, en hommage, a pris son nom. C’est la première fois que je viens à la source du Doubs et je suis tout ému !

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CHAPELLE-DES-BOIS & LE MONT RISOUX

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Après la vallée du Doubs frontalier et les environs de Morteau, cet article est le dernier de ma trilogie sur le Haut-Doubs. Je ne pouvais pas partir d’ici sans aller jusqu’au bout du bout, aux limites du département, et sans gravir le mont Risoux pour apprécier sa vue magnifique ! Un dernier effort, la montée est rude mais la vue en vaut la peine. Direction Chapelle-des-Bois.

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Vue sur Chapelle-des-Bois

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Chapelle-des-Bois est la dernière commune du Doubs avant le département du Jura. Elle aussi a plus d’une raison de te faire venir jusque-là. Pour y arriver la route ondule au milieu des forêts de sapins et les pâturages. On a un petit sentiment de bout du monde, on roule, au milieu de tout ce vert, on avance, on s’enfonce dans les coins oubliés du Doubs et, enfin, on arrive.

Aujourd’hui, on part à l’assaut du Mont Risoux, lieu de passage lors de la Seconde Guerre mondiale, à la découverte de deux sublimes belvédères : la Roche Champion (1325 m d’altitude) et la Roche Bernard (1290 m). Là-haut, vue imprenable sur les lacs des Mortes et de Bellefontaine et les reliefs du Jura.

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Le premier lac, le lac des Mortes, se trouve dans le département du Doubs. Le second, le lac de Bellefontaine, se trouve dans le département du Jura. Ils communiquent entre eux grâce à un petit ruisseau. Les lacs sont entourés de tourbières et il n’est pas toujours possible de suivre le chemin de randonnée qui en fait le tour si vous n’êtes pas bien chaussés.

Depuis Chapelle-des-Bois, monter au sommet du Risoux, n’est pas de tout repos. Il faut d’abord monter le sentier (heureusement à l’ombre dans la forêt) pendant 30 minutes. Après, c’est fastoche, une fois au-dessus c’est plutôt plat. Ci-dessous, depuis Chapelle-des-Bois, le Risoux vu d’en-bas.

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Le Risoux vu d’en bas, depuis Chapelle-des-Bois.

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Voilà, ça y est, c’est la fin de la balade.
Alors, t’en penses quoi de Pontarlier, ses environs et le Haut-Doubs ?
Laisse-moi un commentaire, partage 🙂

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POUR ALLER PLUS LOIN

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Vue à couper le souffle au Mont d’Or

Le Mont d’Or, ce n’est pas qu’un délicieux fromage, c’est aussi le point culminant du Doubs avec ses 1463 mètres. De là-haut, le panorama est juste sublime sur les sommets alpins enneigés, la vallée de l’Orbe, la Suisse… Un incontournable de toute visite en Franche-Comté !

► Article disponible sur le blog.

Morteau et ses sublimes alentours

À quelques kilomètres au nord de Pontarlier, Morteau est le point de départ vers de très belles balades à la découverte d’une nature généreuse et secrète. Une autre manière de découvrir le Haut-Doubs.

Article disponible sur le blog.

Découvrir la vallée de la Loue

Au départ de Pontarlier, la source de la Loue n’est pas très loin. Tout le long de la rivière, tu auras de magnifiques panoramas et tu visiteras châteaux et villages pittoresques.

Article disponible sur le blog.

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13 Comments

  • Reply
    Jacques
    7 août 2018 at 9 h 45 min

    J’avais déjà entendu parler de Pontarlier mais ce que j’imaginais ne m’intéressait pas, j’avais tellement tort. C’est une formidable découverte, j’adore l’histoire de ce fort militaire, ce lac aux reflets magnifique et ces belvédères !! Maintenant j’ai envie d’aller à Pontarlier ! bravo

    • Alexis
      9 août 2018 at 23 h 01 min

      Merci Jacques, je suis ravi que cet article vous plaise et vous donne envie d’aller en Franche-Comté 🙂

  • Reply
    Maxime
    8 août 2018 at 22 h 52 min

    Franchement, je ne connais pas du tout la Franche-Comté mais ce que j’en vois là me donne vraiment envie. Du coup j’ai lu tous vos articles sur cette belle région : j’ai adoré celui sur besançon et celui sur Morteau. De belles découvertes pour moi. Merci

    • Alexis
      9 août 2018 at 23 h 03 min

      Merci Maxime ! Les articles sur Besançon et Morteau sont parmi mes préférés 🙂

  • Reply
    Murielle
    9 août 2018 at 22 h 49 min

    Qu’elle est belle notre région ! Un grand merci à vous de montrer les beautés de nos paysages. Les photos sont très jolies

  • Reply
    celine morizot
    11 août 2018 at 8 h 27 min

    C’est un magnifique article sur ma région ! J’ai même vu Mouthe sous un angle que je ne connaissais pas et pourtant j’habite à 5 km et j’y tiens même un grand gîte ! Les photos sont toutes magnifiques ! Merci pour cet article qui est très fidèle à ce coin de paradis.

    • Alexis
      11 août 2018 at 8 h 42 min

      Merci Céline, ça me touche beaucoup !

  • Reply
    Comte fanny
    14 août 2018 at 5 h 37 min

    Magnifique article !!!! Rares sont les Pontissaliens qui savent en dire autant!!!!
    Et il y en a tellement plus à découvrir. …
    Merci pour cette ode au Haut-Doubs!

    • Alexis
      14 août 2018 at 8 h 30 min

      J’ai beau avoir grandi à Besançon, le Haut-Doubs c’est la terre de mes grands parents et j’adore ce coin 🙂
      Bien sûr qu’il y a tant à y découvrir… une prochaine fois 😉
      Merci pour votre commentaire

  • Reply
    Cliches d'Ailleurs
    14 août 2018 at 15 h 38 min

    Très belles photos ! Merci pour ce partage 🙂

    • Alexis
      14 août 2018 at 15 h 39 min

      Merci 😊

  • Reply
    Nathalie Maire
    15 août 2018 at 15 h 44 min

    Je ne suis pas native de Pontarlier mais y habite depuis 35 ans.
    J’aime beaucoup cette région et j’ai encore beaucoup d’endroits à découvrir.
    Merci pour ce reportage et ces belles photos !
    (Petite correction l’Eglise de Pontarlier s’appelle Saint-Bénigne et non Sainte-Bénigne) 😉.
    Nathalie

    • Alexis
      15 août 2018 at 19 h 12 min

      Merci Nathalie, je fais la modification 🙂

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